L'expatriation vue par...
Cela faisait des siècles que je n'avais pas fait paraître d'interview sur l'expatriation et c'est en mettant a jour mon blog que je me suis rendue compte que c'était quand même l'une de mes rubriques préférées et que c'était aussi le cas pour beaucoup d'entre vous.
J'ai donc aujourd'hui le grand plaisir de vous présenter les réponses d'une personne qui, tout en gardant son sens de l'humour, s'est bien lâchée... Et c'est justement pour ce genre de réponses que j'aime cette interview : il ne s'agit bien sur pas de cracher dans la soupe mais de raconter son parcours et son histoire, essentiellement dans le but d'informer de futurs expatriés sur ce que vivre aux Etats-Unis peut aussi vouloir dire ; certaines expériences sont géniales, certes, mais d'autres sont plus difficiles et je trouve qu'il est important que l'on en parle également.
(Il va de soi que si vous avez connaissance d'une opportunité de travail pour cette personne, il ne faut surtout pas hésiter a me contacter. Merci beaucoup.)
2) Pourquoi t'es-tu expatrié ?
3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?
4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?
5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?
6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation aux Etats-Unis a-t-elle été facile ?
7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?
8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation aux Etats-Unis ?
9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ?
10) As-tu un travail aux Etats-Unis ?
Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?
11) La France te manque-t-elle ?
12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?
13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?
14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?
15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?
16) Si tu es ici depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?
17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis aux Etats-Unis ?
18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatrié (rêve américain, solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?
19) Ta vision des Etats-Unis a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?
20) Trouves-tu ta vie actuelle aux Etats-Unis plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?
21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt Français, Européen ou Américain ?
22) Aux Etats-Unis, as-tu plus de connaissances/amis américains ou français ?
23) Cela te convient-il ?
24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?
25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde et la vie en général ?
26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation aux Etats-Unis mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?
27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?
"De Besançon a Philadelphie - 1000 jours en Amérique"

Comme moi, certains d'entre vous ont été - et sont toujours - de fidèles lecteurs du blog "From Besançon to Philadelphia", talentueusement tenu par Alain Chautard.
C'est donc avec une très grande joie et pas mal d'excitation que fin 2011, j'ai enfin eu la possibilité de me procurer le livre qu'Alain a écrit et auto-édité : "De Besançon a Philadelphie - 1000 jours en Amérique".
Ma mère l'a dévoré et j'en suis pour ma part a la moitié.
[MISE A JOUR DU 7 MARS 2012 : J'ai fini le livre hier soir et il m'a laissée bien rêveuse... L'enthousiasme mais aussi l'émotion d'Alain a certains moments de son expatriation sont vraiment contagieux. J'ai aussi appris énormément de choses sur l'Ouest des USA ou encore les parcs nationaux et Alain a su me donner envie de voir tous ces paysages a couper le souffle - ce qui est un tour de force, je dois dire ! J'ai également beaucoup aimé le fait que, contrairement a moi, il est capable de bien parler des différences de culture entre les USA et la France, avec des exemples concrets.]
Je conseille vivement ce livre a tous les amoureux des voyages : Alain et sa femme Adeline ont en effet parcouru des milliers de kilomètres pendant les trois années qu'ils ont passées aux USA ; mais aussi a tous ceux qui pensent a s'expatrier ou sont sur le point de se lancer dans cette aventure. Alain raconte en effet les différentes étapes de son expatriation, a commencer par ce fameux vendredi 20 juillet 2007 lorsque, vers 16h, son manager lui demande innocemment s'il serait intéressé par un poste dans le New Jersey...

La réponse d'Alain, pas vraiment "fan" des Etats-Unis : "Si je dois te répondre de suite, alors c'est non, forcément. Mais je vais quand même y réfléchir un peu plus..."
La suite, on la connaît un peu a travers le blog d'Alain et sa multitude de photos, toutes plus magnifiques les unes que les autres ; et on la découvre encore mieux dans ce livre qui complète parfaitement le blog et nous fait partager le quotidien d'Alain et son épouse : vie a l'américaine, recherche de logement, amitiés avec les locaux, étonnements, doutes, voyages inoubliables...
Toute mon admiration a Alain pour être allé au bout de son projet de livre et toute mon amitié a Adeline dont les talents culinaires manquent beaucoup lors de nos randonnées...
Plus d'infos par ici. Livre également disponible en version électronique et dans certaines librairies de Franche-Comté. Notez bien que si vous n'habitez pas en France, il vous en coûtera a peine plus cher de recevoir cet ouvrage directement dans votre pays alors ne vous privez pas ; je ne peux que vous encourager a passer commande de ce livre et a l'offrir a vos amis.
L'expatriation vue par...
...l'amie Flo qui est installée près de la capitale des Etats-Unis.
Merci beaucoup, Flo !
NB : Toutes les photos de cet article sont signées Flo (sauf avis contraire).

Photo Yelkabe
1) Depuis quand es-tu expatriée aux Etats-Unis ?
Depuis fin juillet 2006 - donc deux ans et demi.
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2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?
Comme tout le monde le sait, trouver un boulot en France quand on est chercheur relève du challenge. Mon copain ayant trouvé une opportunité a priori intéressante aux US, nous nous sommes mariés et nous sommes partis vivre l'aventure au pays de l'Oncle Sam.
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3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?
"Tu es sure ? Mais on ne te verra plus ?..."
Ou alors : "Super, il faut y aller pendant qu'on est jeune !"
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4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?
Est-ce que je vais trouver du boulot ? C'était ma plus grande peur. Est-ce que je vais savoir gérer l'administration, aussi. J'ai une angoisse persistante sur le retour en France mais on verra bien quand le moment sera venu. D'un point de vue plus humain, j'avais peur de voir des gens de ma famille mourir pendant mon absence (notamment mon arrière grand-mère qui a 103 ans mais qui est toujours la !). Evidemment, nous nous sommes tous les deux posés la question de savoir si on voulait s'engager dans le mariage pour vivre cette aventure ensemble et, finalement, nous avons décidé que oui.
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5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?
Oui, dans le sens ou j'ai mis plus d'un an a trouver un job intéressant et ou je crains toujours de perdre les gens âgés de ma famille pendant que je suis loin ; non, dans le sens ou j'ai trouvé un job intéressant depuis octobre 2007 et ou c'est une expérience a vivre absolument, même si ce n'est pas facile tous les jours.
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Le Ministère de l'Environnement (Washington)
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6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation aux Etats-Unis a-t-elle été facile ?
Non ! Tout de même facilitée par le fait que nous avons vite trouvé un appart' et que nous avons été aidés par des amis. Mais pour la partie qui concernait mon boulot (autorisation de travail, etc...), j'avoue que ce n'est pas franchement une partie de plaisir - ainsi que le renouvellement des visas, l'installation du téléphone, l'achat de la voiture, etc... Bref, c'est surmontable mais pas agréable.
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7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?
Parfois éprouvant ; mais j'avais envie de vivre une expérience a l'étranger donc j'ai fini par trouver mon équilibre. Très clairement, la première année est la plus dure - le temps de faire toute la paperasse administrative, justement, de trouver ses marques, de se refaire un réseau d'amis, de recréer son petit monde… Je pense que si on veut vraiment vivre une expérience d'expatriation réussie, il faut rester au moins deux ans.
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8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation aux Etats-Unis ?
Je ne sais pas. Certainement pas pour l'administration car je crois qu'on ne pouvait pas gérer mieux que ce que nous avons fait. Pour la recherche d'un emploi, peut-être ; mais je ne regrette rien de mes expériences ici.
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9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ?
La personne dont nous avons repris l'appartement nous a beaucoup aidés quand nous sommes arrivés. Nous avons aussi eu la chance d'avoir des voisins qui sont devenus des amis et qui ont sans doute rendu les premiers mois plus agréables a vivre.
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Mais j'ai trouvé que c'était parfois difficile de trouver l'information de première main ; celle qui vient de l'expérience des autres expatriés. C'est pour ça que j'ai dédié une partie de mon blog a cela et, depuis, je dois dire que j'ai beaucoup de "mails" de gens qui ont besoin d'aide. Je pense parfois a monter une agence de soutien aux "expats" ; je suis sure que ça marcherait !
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10) As-tu un travail aux Etats-Unis ?
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Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?
Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?
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Oui. J'ai obtenu mon "EAD" [autorisation de travail] en octobre 2006 et commencé a travailler comme vendeuse a "L'Occitane en Provence" en décembre 2006. C'était forcément très différent de ce que j'avais fait en France ou j'étais cadre dans la fonction publique territoriale, chargée de mission "développement durable" dans une grande agglo'. Mais je ne regrette rien car j'ai nettement amélioré mon anglais et, surtout, j'ai trouvé parmi les autres salariés des amies américaines que je fréquente toujours très régulièrement (sur le modèle "Sex and the City").
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Ensuite, j'ai trouvé un stage comme chargée de recherche au "US Green Building Council", une "non profit" ["ONG"] "leader" de l'habitat durable aux USA. C'était déjà nettement plus en relation avec mon profil et j'ai passé quelques mois là-bas, apprenant beaucoup et améliorant nettement mon anglais car j'étais la seule étrangère sur un "staff" [équipe] de 100 personnes.
Enfin, un peu par chance, j'ai fini par intégrer la "Banque Mondiale" ou j'ai signé en mars 2008 un contrat de deux ans. C'est amusant car la personne qui a mis mon CV sur le bureau de mon "boss" [patron] actuel est un jeune homme dont l'épouse (français tous les deux) lisait mon blog : nous avons fait connaissance par ce biais. Finalement, je crois que mon blog, aussi humble soit-il, m'a permis de rentrer a la "Banque Mondiale" !
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Architecture a Washington
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11) La France te manque-t-elle ?
Oui, bien sur ! La France, la cuisine française, et surtout ma famille et mes amis ! Je voudrais rentrer plus souvent mais encore faudrait-il avoir plus de vacances ! Le problème, c'est que je suis partagée entre rentrer en France et profiter de mes vacances pour visiter les Etats-Unis et tout le reste de l'Amérique… Je voudrais bien pouvoir tout faire mais touriste a plein temps, c'est un métier qui ne fait pas franchement vivre. J
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12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?
A la fin de mon contrat, dans deux ans. En Europe ou en France, peu importe, en fait. Mais c'est vrai que je voudrais pouvoir décider sur un coup de tête que je vais voir mes amis, ma famille, etc... Et la, c'est pas franchement possible ! Au moins, je me dis que si nous sommes en Irlande, en Grande-Bretagne ou en Suisse, je pourrai faire ça de temps en temps.
13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?
Non. Je veux vivre cette expérience jusqu'au bout. Mais je serai ravie de rentrer en Europe, ça ne fait aucun doute ! Après avoir galéré pendant plus d'un an, je veux en profiter un maximum !! Chaque chose en son temps et la, c'est le moment de jouer a la cadre hyper dynamique "surbookée" [débordée] avec une vie sociale trépidante - avant que l'idée de la maternité ne fasse son chemin, par exemple.
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14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?
Via mon blog, les "e-mails" et le téléphone - beaucoup. Quand le réseau américain le permet (les "expats" comprendront…), nous téléphonons longtemps a nos familles et nos amis, le week-end. Malheureusement, ma petite arrière-grand-mère devient sourde donc je vais devoir passer aux cartes postales. Mais sinon, le téléphone reste notre meilleur ami.
15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?
Une a deux fois par an environ. La dernière fois, c'était en novembre 2008 mais j'étais en mission et je suis restée trois jours avec ma famille donc c'était très court ! La prochaine fois, ce sera sans doute en été… Ça fait long quand on y pense comme ça alors j'essaie de ne pas y penser. La vie passe a toute allure, ici, donc ça devrait arriver très vite.
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Le "Roosevelt Memorial"
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16) Si tu es ici depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?
Non, pas du tout ! Je prends conscience au contraire de la chance que nous avons de vivre en France et je mesure mieux les avantages et les inconvénients de chaque système. Nous avons beaucoup d'amis français, ici, même si j'ai aussi des amies américaines. Chacun rentre au pays et revient avec de quoi nourrir les autres : on ne risque pas de s'éloigner de la culture culinaire française. ;)
17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis aux Etats-Unis ?
Sans doute comme avant. Mon image des Français n'a pas changé. Mon image des Américains, oui, par contre ! En bien, souvent. Ils sont très aimables, très serviables, toujours très accueillants. Ils ont aussi beaucoup de défauts mais comme les Français, certainement. Je crois que la chose qui m'a le plus étonnée en arrivant ici, c'est de voir combien les Américains ne sont pas dupes des balivernes que leur racontait leur Président. Je croyais qu'ils étaient tous derrière lui mais en fait, pas du tout. Donc, je suis ravie de la nouvelle présidence, évidemment !
18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (rêve américain, solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?
Je ne sais pas trop. Certains pensent sans doute que c'était risqué de partir en laissant tout derrière soi. Finalement, deux ans après et vue notre situation actuelle, je pense qu'ils doivent se dire qu'on s'est bien débrouillés. Je crois surtout que ce qu'ils pensent découle de ce qu'on raconte de notre vie ici. Il faudrait leur demander ; c'est une question intéressante !
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19) Ta vision des Etats-Unis a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?
Elle a changé en bien. Pour moi, les Etats-Unis, c'était le grand méchant pays pas "durable" du tout, le démon "anti-green" [anti-écologie] en puissance, la "connerie bushienne"... Finalement, j'ai trouvé ici des gens intelligents, passionnés, "green" ["écolos"] comme en France même si, bien sur, il y a des abrutis ici comme ailleurs. J'ai une autre vision des US ; plus mitigée, plus juste, je crois.
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20) Trouves-tu ta vie actuelle aux Etats-Unis plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?
En terme de qualité de vie, il n'y a aucun doute : j'ai beaucoup perdu. Faire plus de deux heures de transports en commun par jour, bosser plus de 10 heures par jour et le week-end, c'est quand même plus intensif qu'en France. On ne fait plus de "randos" alors qu'on adorait ça ; la vie en centre-ville a la française me manque, etc... Mais j'aime quand même ma vie ici, avec mon mari, un job passionnant, mes amis et des choses a découvrir chaque jour.
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Le "Jefferson Memorial" pendant la saison des cerisiers en fleurs
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21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou américaine ?
Très certainement pas américaine. A la fois française et européenne. Plus européenne sans doute car je me rends mieux compte du fait que la culture européenne est en elle-même différente de la culture américaine. Maintenant que je me suis expatriée aux US, m'expatrier en Europe ne me fait plus peur : je m'y sentirais chez moi (a condition de parler la langue, toutefois, parce que je refuse de me mettre a l'allemand a 30 ans !).
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22) Aux Etats-Unis, as-tu plus de connaissances/amis américains ou français ?
Nous avons plus d'amis français car le "NIST", c'est une colo' de vacances pour jeunes ingénieurs - un peu genre "ambiance Erasmus" pendant des années. Mais, heureusement pour moi, dans mon malheur d'avoir été vendeuse, j'ai rencontré des amies américaines super et je pense que je garderai contact avec elles très très longtemps après mon retour en France. Comme quoi, finalement, chaque étape dans cette expérience américaine aura été porteuse de quelque chose pour moi…
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23) Cela te convient-il ?
Oui : j'ai trouvé un équilibre entre le cercle français et le cercle américain - que je mélange d'ailleurs allégrement ! Je sais que certains Français regrettent beaucoup de ne pas avoir d'amis américains, ici, de ne pas s'intégrer. Je le comprends, c'est frustrant. Heureusement pour moi, je n'ai pas ce problème et, du coup, j'apprécie d'autant mieux mes deux cercles d'amis.
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24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?
Panique pour les formalités administratives et l'organisation du retour. Je serais de toutes façons partagée entre la tristesse de tourner cette page de ma vie et la joie de rentrer auprès des miens ; que ce soit dans deux mois ou dans deux ans ne change rien, je crois. Si je rentrais dans deux mois, j'aurais le sentiment d'une expérience inachevée et je crois que ça me rendrait triste de ne pas avoir pu vivre ça jusqu'au bout.
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25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?
Oui, ça a changé ma façon de voir le monde – plus petit que prévu - de voir la vie – il faut saisir les opportunités quand elles sont la et profiter des expériences que la vie nous tend – et de me voir moi-même aussi – finalement, je suis capable de le faire !
Pour moi, partir, c'était "big deal" [important et sérieux] - comme pour beaucoup de Français, je pense. Je suis heureuse de l'avoir fait ; j'ai fait des rencontres inespérées, vécu des choses super, ai appris a mieux me connaître, aussi. Je voulais partir mais je n'avais pas eu l'occasion de le faire avant cela. Grâce à mon petit mari, j'ai fait le grand saut et je ne regretterai jamais de l'avoir fait. Un grand merci a mon chéri de m'avoir fait vivre cette aventure avec lui !
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Dans les jardins de la Maison Blanche
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26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation aux Etats-Unis mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?
Foncez ! On vous aidera, s'il le faut. Et si ça ne marche pas, vous rentrerez en France. Je crois qu'on n'a pas grand-chose a perdre quand on a 30 ans.
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27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?
En Europe, dans un pays ou on cause anglais ou français car je ne veux plus galérer pour m'insérer a cause d'un problème de langue. Ça, on le fait a 25 ans ; moins à 35, je crois. Mais ça dépend sans doute des gens. Donc, je dirais oui à l'Irlande, à la Grande-Bretagne, a la Suisse. Why not [Pourquoi pas] l'Espagne ; mais ce ne serait pas mon premier choix. En fait, je ne sais pas si l'expatriation me fait vraiment envie mais il est clair que cette expérience américaine m'aura donné envie d'explorer le monde, de rencontrer des gens, des cultures, de voir d'autres mondes. Je dirai que j'ai plus envie de voyager, de faire des missions dans des pays que de m'expatrier a proprement parler. "Let's discover the world!" [Découvrons le monde !]
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Les Clinton en plein jardinage
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L'expatriation vue par... (spécial Allemagne)
...Flo, auteur du blog "Bretzel et Café Crème" - que j'aime beaucoup (toujours de superbes recettes et photos !).
Merci beaucoup, Flo !
NB : Toutes les photos sont signées Flo.

Le lac "Konigssee"
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1) Depuis quand es-tu expatriée en Allemagne ?
Nous sommes installés à Munich depuis deux ans maintenant.
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2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?
J'ai toujours rêvé d'habiter à l'étranger. Quand une opportunité s'est présentée pour mon conjoint, je n'ai pas hésité un instant.
3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?
L'Allemagne n'a pas une image très "glamour". A l'époque, notre projet a fait peu d'envieux.
4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?
Ma crainte principale, c'était la barrière de la langue. Le premier objectif que je me suis fixé : apprendre l'allemand.
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5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?
Les premiers mois ne furent pas faciles. Heureusement, les Allemands parlent très bien anglais. Et après quelques mois de cours intensifs, la vie est devenue plus facile.
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6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation en Allemagne a-t-elle été facile ?
Oui, car nous avons bénéficié des services d'une agence de relocation.
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7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?
Il y a eu quelques moments de solitude ; des moments que j'aurais voulu partager avec mes proches mais, en même temps, il y avait tant à découvrir.
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8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation en Allemagne ?
Ne pas hésiter à mettre les enfants directement dans un "Kindergarten" allemand. A cet âge, ils apprennent les langues en jouant.
9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ?
Non. Je me suis débrouillés seule. J'ai profité des premiers temps pour jouer les touristes et explorer ma nouvelle ville.
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10) As-tu un travail en Allemagne ?
Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?
Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?
Non. Après l'aménagement de la maison, les cours d'allemand, cette année l'arrivée d'un troisième enfant… Deux ans se sont écoulés. Mais c'est à l'ordre du jour.
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Sur la "Marienplatz"
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11) La France te manque-t-elle ?
Non. Mais il est vrai que Paris n'est qu'à 800 kilomètres.
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12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?
Nous n'avons pas de projet de retour dans l'immédiat. Nous voudrions poursuivre cette aventure familiale tant que les enfants sont petits.
13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?
Sincèrement, non. J'aime trop le cadre de vie ici.
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14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?
Grâce au téléphone, bien sûr, mais surtout par "mail"… et via mon blog "Bretzel et Café Crème".
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15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?
Non. Nous en profitons pour découvrir la Bavière. Entre les lacs, les châteaux et les montagnes, il y a de quoi faire.
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16) Si tu es en Allemagne depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?
Difficile de répondre à cette question car je ne suis pas en Allemagne depuis si longtemps.
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17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis en Allemagne ?
Je ne juge pas mais je perçois forcément les événements avec plus de recul.
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18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?
Ceux qui viennent nous rendre visite cèdent vite aux charmes de la vie munichoise et n'aspirent qu'à une chose : revenir.
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19) Ta vision de l'Allemagne a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?
Je n'avais pas d'a priori avant d'arriver. La belle surprise pour moi : découvrir que nous sommes installés dans une région très touristique. Munich, pour les Allemands, c'est déjà le nord de l'Italie.
20) Trouves-tu ta vie actuelle en Allemagne plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?
J'adore Paris mais il faut reconnaître que la vie en famille est beaucoup plus facile à Munich car tout est pensé pour les enfants (même si, paradoxalement, les Allemands ont peu d'enfant).
21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou allemande ?
Je me sens française en Allemagne, à cheval entre les deux cultures.
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22) En Allemagne, as-tu plus de connaissances/amis allemands ou français ?
J'ai des amis français, allemands et franco-allemands.
23) Cela te convient-il ?
Oui. Je ne voulais pas m'enfermer dans un carcan franco-français.
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24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?
C'est trop tôt. Je commence à maîtriser la langue, a avoir mes repères dans la ville, mon réseau social, mon carnet d'adresses… Et puis, j'adore cette ville.
Je partirais s'il le fallait mais à reculons.
25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?
Non. J'avais déjà pas mal bougé en France. Le maître-mot à chaque fois : l'organisation.
26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation en Allemagne mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?
Si vous êtes motivés, foncez sans vous poser trop de questions.
27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?
C'est une expérience de vie exceptionnellement riche. Je suis prête pour de nouvelles aventures… Un jour...
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Le chateau de Neuschwanstein
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L'expatriation vue par... (spécial Québec)
...Delphine, une lectrice de ce blog et elle-même auteur d'un joli blog bilingue qui ravira les amateurs de décoration et de rénovations.
Merci beaucoup, Delphine !

Photo Delphine
1) Depuis quand es-tu expatriée au Québec ?
Depuis presque 10 ans (mars 1999) !! Le temps passe si vite…
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2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?
A la fois l'envie d'aller voir ailleurs… et l'insatisfaction face à certaines choses en France (la difficulté à démarrer dans la vie professionnelle à 25 ans : trop diplômée, trop jeune ; les grèves incessantes et quelques autres trucs).
J'ai eu la chance d'être approchée par un chasseur de têtes qui avait beaucoup de contacts : en deux semaines, j'avais une offre d'emploi à Montréal... Difficile de refuser !
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3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?
Côté amis : enthousiasme. Côté famille… Moyen. Je pense qu'ils l'ont pris comme un abandon…
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4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?
Les craintes étaient surtout d'ordre professionnel : un peu inquiète de ne pas être à la hauteur (on me faisait venir de loin, tous frais payés). Pour le reste, j'avais déjà beaucoup voyagé et fait de longs séjours à l'étranger alors ça ne m'inquiétait pas du tout.
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5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts?
Non, pas du tout ! Mes craintes côté "boulot" se sont vite avérées futiles : mon insertion s'est très bien passée dans un univers très américanisé mais à la québécoise - soit un savant équilibre entre efficacité et objectifs d'un côté et respect très fort de la vie privée et familiale de l'autre.

Photo Delphine
6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation au Québec a-t-elle été facile ?
J'ai été très choyée : la compagnie qui me faisait venir (en CDI) s'est occupée de mon visa de travail ainsi que de celui de mon conjoint. Le déménagement et l'installation étaient aussi pris en charge… Le rêve !
7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?
Je ne souffre vraiment pas de l'éloignement de ma famille : je parle à ma mère une fois par semaine et les e-mails et MSN me permettent de garder le contact avec ma sœur, certains cousins… Je ne suis pas certaine que les contacts avec certains auraient été beaucoup plus fréquents si j'étais restée en France.
8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation au Québec ?
Non ! On s'était quand même bien renseignés avant de partir (on savait que les Québécois ne vont pas travailler en scooter des neiges l'hiver... Un ami le croyait vraiment !). Tout s'est très bien passé.
9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ?
Oui : la grande amie que je me suis faite en arrivant, Emmanuelle. Française aussi, elle venait d'arriver dans la même compagnie quelques semaines plus tôt. Elle m'a beaucoup apporté, surtout amicalement. Elle me faisait partager ses quelques longueurs d'avance… Une très belle période.
10) As-tu un travail au Québec ?
Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?
Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (démarches et mode de fonctionnement différents...) ?
J'ai un travail. Je suis restée quatre ans dans la compagnie qui m'avait fait venir puis suis partie à mon compte. Je suis depuis consultante en free-lance et j'adore ça !

Photo Delphine
11) La France te manque-t-elle ?
La France ne me manque pas au quotidien - du tout. Ce qui me manque, ce sont parfois l'offre qu'il y a sur le marché, la diversité des produits, la facilité d'accès à un vaste choix (je pense surtout à la déco et, dans une moindre mesure, à la nourriture). Le Québec étant un pays "jeune", on ne trouve pas de vraies brocantes… Mais ce n'est qu'un détail, tout de même !
12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?
Je ne pense pas revenir définitivement. Ma vie est ici. On a un appartement, on vient de s'acheter une vieille maison de campagne que l'on rénove, je n'ai plus d'amis en France, quasiment aucun contact professionnel… et ce qui me décevait de la France il y a 10 ans ne s'est pas amélioré.
13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?
Non (voir réponse ci-dessus).
14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?
Téléphone, e-mail, MSN.
15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?
Je reviens environ une fois par an ou aux 18 mois environ. C'est variable selon les années et circonstances.

Photo Delphine
16) Si tu es au Québec depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner"un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?
Absolument. Lorsque je dis "nous", maintenant, je fais référence au Québec. Mon sentiment d'appartenance au Québec est devenu très fort ; j'y suis bien. Mais il n'y a rien de triste ou de regrettable à ce sentiment de détachement ; je pense qu'il est fatal : si on s'intègre avec succès dans un nouvel environnement, on se détache nécessairement du précédent.
Un point intéressant est que l'on devient un peu apatride (même si, légalement, j'ai maintenant deux nationalités) : plus vraiment français pour ceux que l'on a laissés derrière nous (ne serait-ce qu'à cause de la pointe d'accent québécois !) et jamais vraiment québécois pour les "pure laine" d'ici. Pour tous, ici, je suis "La Française" et le resterai toujours.
17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis au Québec ?
Leur réputation de râleurs n'est pas un hasard... Une expérience de bénévolat il y a quelques années (auprès de nouveaux arrivants) a démontré à quel point certains peuvent être attentistes : la vie (le gouvernement, les institutions, la société…) leur doit quelque chose sous prétexte d'avoir fait la bonne école, d'avoir de l'expérience… Ici, on doit apprendre l'humilité et faire ses preuves avant de monter.
Vivant dans un pays résolument capitaliste, où l'initiative personnelle est très valorisée, je trouve les Français trop passifs ; ils attendent qu'on les aide (en manifestant leur désapprobation par la grève) au lieu d'agir, de proposer et de mettre en place des solutions.
La France est un beau pays qui offre beaucoup de possibilités, un beau cadre ; les Français ne réalisent probablement pas comme ils le devraient la chance qu'ils ont.
18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (rêve américain, solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?
Je ne sais pas... Je ne crois pas qu'ils l'imaginent.
19) Ta vision du Québec a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?
Oui. Elle a changé dans le sens où je le connais mieux, maintenant. L'illusion du monde parfait que l'on a au début a fait place à une connaissance plus réaliste et rationnelle. Il y a, ici aussi - comme partout ailleurs - des choses que j'aime moins mais, dans l'ensemble, il fait très bon y vivre ; les gens sont agréables, sympathiques.
20) Trouves-tu ta vie actuelle au Québec plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?
Plus agréable. Mon arrivée a coïncidé avec ma véritable entrée dans le monde du travail, à un bon salaire ; j'ai enfin pu commencer à profiter de la vie, m'installer, faire de beaux voyages. J'ai pris confiance en moi, me suis bâti un beau réseau d'amis et de relations.
La liberté d'esprit est très grande ici, un pays d'immigration : on ne juge pas les autres, chacun fait ce qu'il veut ; la société est régie par peu de codes. Ainsi, les "gays" sont nombreux à Montréal (deuxième ville "gay" au monde après San Francisco) car la tolérance des Québécois rend leur vie plus facile. On peut s'habiller comme on veut, il n'y a pas de norme à suivre et je trouve ça très agréable. En France, difficile pour ceux qui sortent du lot ; difficile d'être parfaitement soi, parfois (j'ai habité avec une amie lesbienne il y a 10 ans : elle souffrait tant des remarques et petits regards…).
21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou québécoise ?
Québécoise, européenne (ici, on fait référence à l'Europe - rarement à la France - car de nombreuses nationalités sont représentées).
22) Au Québec, as-tu plus de connaissances/amis québécois ou français ?
Pendant longtemps, et à mon grand regret, j'avais beaucoup de connaissances québécoises, mais mes amis étaient surtout français. Il n'est pas facile au départ de rencontrer, de lier de vraies amitiés avec les Québécois en raison des différences culturelles (souvent sous-estimées en raison de la langue commune) et de la relation amour/haine que beaucoup entretiennent avec la France. Désormais, c'est très équilibré.
23) Cela te convient-il ?
Maintenant, oui !
24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?
Beaucoup de tristesse et de déception. Je quitterais mon "chez moi".
25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?
Oui, c'est certain. Ma vision du monde est plus nord-américaine (ce qui ne signifie pas que j'adhère aux Etats-Unis !). J'ai toujours été de pensée libérale : ça n'a fait que s'accentuer, ici.
26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation au Québec mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?
Qu'il ne faut pas hésiter. Il y a tant à gagner et peu à perdre (au pire, on rentre !). Le Québec offre un environnement bilingue, une tête de pont vers le continent nord-américain anglophone. Bon compromis entre l'Europe et les Etats-Unis, le Québec s'est construit une identité propre - à mi-chemin entre les deux - en tirant le meilleur de chacun. Les infrastructures d'aide sont nombreuses… et les Français assez nombreux pour ne pas être perdus !
27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?
On l'a envisagé sérieusement… On a passé six semaines en Australie pour voir si l'on s'y plairait, pour découvrir le pays en détail. Résultat des courses : on a adoré mais le coût de la vie est tel à Sydney (notre destination sélectionnée) par rapport à Montréal, que l'on vivrait beaucoup moins bien au quotidien… Alors, on reste ici et on s'offre de belles vacances !

Maison a Montréal
Photo Delphine
L'expatriation vue par... (spécial Grèce)
...Laure qui est expatriée en Grèce (et en partance pour Montréal).
Merci, Laure !
NB : Toutes les photos sont extraites du blog de Laure.

Saurez-vous retrouver Laure ?
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1) Depuis quand es-tu expatriée en Grèce ?
Je suis venue pour un séjour Erasmus entre janvier et juillet 2004. Je suis revenue définitivement depuis janvier 2005 pour continuer mes études.
2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?
Je fais des études d'histoire et, pour mon doctorat, j'ai pu bénéficier d'une co-tutelle de thèse entre l'Université de Provence et la National and Kapodistrian University of Athens. Je suis donc inscrite dans deux universités et j'obtiendrai deux diplômes. Comme l'essentiel de mes recherches porte sur des archives disponibles à Athènes, je me suis installée ici. Cependant, la Grèce avait toujours représenté pour moi un rêve : j'ai fait en sorte d'être "obligée" de choisir un sujet qui me forçait à être sur place !!
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3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?
Très contents car je réalisais un vieux rêve !
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4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?
J'avoue que je ne me suis pas posé de questions au moment de partir. C'était ce que je voulais faire, je savais que c'était ce qui me convenait le plus. J'ai foncé. Mes peurs reposaient davantage sur la conduite de mon travail que sur le reste.
5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?
Tout n'est pas toujours facile et, six mois après mon arrivée, j'ai obtenu différentes bourses d'études qui se sont échelonnées sur trois ans, ce qui m'a considérablement aidée !
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Athènes
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6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation en Grèce a-t-elle été facile ?
Au niveau des formalités, c'est l'Union Européenne : il n'y a rien à faire. On a le droit de s'installer sur le territoire. Concernant ma convention de co-tutelle, elle a été signée six mois après mon arrivée grâce à un texte de loi (voté in extrémis pour l'obtention de ma première bourse) : la Grèce, jusque-là, ne reconnaissait pas les co-tutelles malgré les prérogatives européennes. Mais, malgré tout, je pouvais bénéficier du statut d'étudiante grecque avec les facilités que cela implique ("Resto U", réductions dans les transports…).
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7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?
Je suis partie seule, ne laissant aucune attache (amoureuse) en France : j'ai rencontré mon compagnon (un Français) ici, dans un des centres de recherche que je fréquente (l'Ecole Française d'Archéologie) ; il effectuait son Volontariat International au service informatique.
8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation en Grèce ?
Non.
9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ?
Pour trouver un appartement, comme mon niveau de grec n'était pas encore génial (basique), c'est une amie, devenue une de mes meilleures amies, qui m'a aidée pour visiter, prendre rendez-vous. J'ai appris très récemment que, malgré la libre circulation européenne et les demandes européennes, la carte de séjour n'est plus obligatoire pour les Européens ; mais il faut s'inscrire à la préfecture de police (loi votée il y a un an) : là, c'est un ami avocat qui nous a aidés. Après tout cela, ça n'aurait jamais été réalisable si mes parents ne m'avaient pas offert la possibilité de poursuivre mes études en m'aidant financièrement au début.
10) As-tu un travail en Grèce ?
Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?
Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?
Non, je ne travaille pas et je ne cherche pas.
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Athènes
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11) La France te manque-t-elle ?
Non, pas vraiment.
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12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?
Je ne pense pas revenir en France. Après la Grèce, nous avons décidé avec mon compagnon de tenter l'aventure au Canada : d'abord grâce au Programme Vacances Travail [un forum utile par ici] puis nous poursuivrons sûrement par une demande de résidence permanente.
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13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?
Non.
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14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?
Le téléphone (depuis un an, un opérateur genre Free vient d'ouvrir en Grèce… Vive les appels illimités vers la France !), les e-mails, MSN, webcam…
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15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?
En moyenne, deux fois par an. Mes parents sont venus presque tous les ans depuis que je suis ici !
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Santorin
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16) Si tu es en Grèce depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?
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Pas vraiment l'impression de m'en détacher : on ne peut renier ses origines. Par contre, faire la part des choses, oui. Je dirais prendre du recul et retenir les bons côtés de chaque culture : je ne rejette pas ma culture française, ni n'idéalise la culture grecque (idem pour les modes de vie). J'essaie de m'accommoder de ce que j'ai.
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17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis en Grèce ?
J'ai l'impression que je vois beaucoup de points négatifs depuis que je suis partie. Sûrement l'effet d'éloignement et de ne plus avoir "le nez dedans", comme on dit. En fait, je crois que j'ai pris conscience des problèmes de la société française en étant ici. Par exemple : le Français râleur, cela me fait toujours un choc lorsque je passe pour rentrer via Paris et que j'ai quelques heures d'attente à Roissy… A peine le pied sur le tarmac, j'entends râler dans tous les sens. Cependant, j'ai pris aussi conscience des problèmes (et avantages ; c'est réciproque aussi pour la France) de la Grèce. L'herbe n'est jamais plus verte ailleurs !!!!
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18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?
Ceux qui sont venus la comprennent. Les autres ?! Ils n'ont qu'à venir voir et je leur montrerai ! Je pense que certains (pas des proches), au début, pensaient que je partais en vacances : ils n'arrivaient pas à comprendre que je partais dans le cadre d'études.
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19) Ta vision de la Grèce a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?
Voir question 17. Vivant la vie grecque au quotidien, j'ai pris conscience des problèmes qu'un touriste ne peut percevoir. Les salaires sont peu élevés : si l'on n'est pas grec avec une famille pour aider (la solidarité familiale est importante, ici), ça peut être difficile car, en général, les parents (de la génération de nos parents) prévoyaient un terrain/appartement pour leurs enfants… Ce qui permet d'alléger un coût de la vie en constante augmentation avec un niveau salarial très bas (une moyenne de 800 euros/mois pour 35-40h).
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20) Trouves-tu ta vie actuelle en Grèce plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?
Je dirais plus agréable : déjà, le climat aide beaucoup - même si je suis originaire du sud de la France (Provence) ; le temps est beaucoup plus clément. D'un point de vue du rythme de vie, comme on dit ici : "siga-siga" ("doucement-doucement") ce qui parfois, pour un Français, peut être difficile à comprendre - mais on s'y habitue très bien !! Si, si, c'est vrai. Ainsi, on prend davantage le temps de vivre. La preuve : les rues, les villes, les petits villages regorgent de cafés avec terrasses où il fait toujours bon se poser et prendre le temps. Enfin, les marchés regorgent de saveurs, de fruits et légumes oubliés en France ! Une avalanche pour les papilles !
Après, d'autres aspects sont plus difficiles : l'administration n'est pas simple, le système de santé non plus (on ne va plus chez le médecin pour une broutille), les salaires locaux ne sont pas "top", l'éducation non plus. Mais on s'y fait quand on n'a pas le choix et on fait avec ; mais, dans la mesure où je n'ai pas d'enfants, ce genre de choses ne me dérange pas à l'heure actuelle mais m'a fait réfléchir pour savoir si je voulais m'installer ici après mes études…
Globalement, je pense que ma vie est aussi agréable que lorsque j'étais étudiante à Aix-en-Provence ; différente, mais je crois qu'il n'y a pas de mieux ou de moins bien… Sauf qu'ici, je peux voir au moins une fois par jour l'Acropole dominant la ville… Et là, je me dis que c'est plus agréable ici !!!!!
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Sifnos
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21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou grecque ?
Je dirais que je me sens plutôt européenne.
22) En Grèce, as-tu plus de connaissances/amis grecs ou français ?
Plus d'amis français, en fait, et plusieurs couples franco-grecs.
23) Cela te convient-il ?
L'environnement actuel de travail et d'études n'a pas facilité. Mais mon compagnon a fait davantage de connaissances grecques lorsqu'il a travaillé pour une société grecque. Après, c'est sûr que j'aurais préféré être mieux immergée mais il est plus difficile d'intégrer les cercles intimes et familiaux.
24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?
Panique !! Je n'ai pas fini mon travail de thèse, je ne peux absolument pas partir !
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25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?
Je pense que se retrouver seule à gérer une vie dans un pays étranger m'a vraiment fait murir et grandir. Je considère beaucoup plus de choses avec du recul et je vais à l'essentiel, notamment avec ma famille. Je pense que j'ai appris à vivre pour moi et aller au plus important ! C'est peut-être une façon de vivre égoïste, d'une certaine manière, mais j'ai eu besoin de cette étape dans ma construction personnelle. Je dirais que je prends peut-être plus de recul, notamment dans les relations avec mon entourage : ne les voyant que peu souvent, ces moments sont intenses et beaucoup plus forts… On met chacun de côté nos petits soucis de la vie quotidienne pour profiter d'être ensemble.
Quant à mon point de vue sur le monde, sur la vie en général, il a sûrement évolué mais comme n'importe quelle personne à des étapes importantes de sa vie, je dirais.
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Grèce centrale
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26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation en Grèce mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?
Que la vie ne vaut que d'être vécue. Combien de fois j'ai entendu : "Je serais bien parti, mais c'est impossible, tu comprends…" ? Moi je dis qu'à partir d'un moment, soit on veut s'en donner la peine, soit on se le dit pour se trouver des excuses à une certaine routine. Et ce n'est pas une critique - au contraire : tout le monde a le droit de ne pas avoir envie de quitter une vie tranquille et bien installée ; je peux le comprendre. Moi-même, ici, une certaine routine s'est un peu installée aussi ! C'est un choix, je crois - dans les deux cas – qu'il faut assumer pleinement et sans regrets. Moi je dis : "Foncez !!!"
Dans tous les cas, on en revient transformé et grandi (et ce à n'importe quel moment de la vie) ! Tout ne sera pas simple, mais rien n'est simple nulle part - alors pourquoi pas tenter la nouveauté ?!
27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?
Nous attendons l'ouverture des quotas de PVT [un forum utile par ici] pour le Canada et ferons sûrement une demande de résidence permanente. Si tout va bien, en septembre 2009, nous serons à Montréal ! D'où un blog intitulé "D'Athènes à Montréal" !!!!!!!!!
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Zakynthos
L'expatriation vue par... (spécial Espagne)
...Ninon qui est une lectrice de ce blog expatriée en Espagne et, également, l'auteur d'un blog a quatre mains qui parle d'art, de culture, de mode...
Merci beaucoup, Ninon !

1) Depuis quand es-tu expatriée en Espagne ?
Depuis un an et demi. Mais j'y avais déjà vécu auparavant. Je suis expatriée depuis plus de dix ans donc je n'ai pas abordé ce changement avec beaucoup de stress - surtout que j'ai adoré l'Espagne la première fois.
2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?
Pour suivre mon mari.
3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?
Surpris ; un peu inquiets mais plutôt positifs.
4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?
Je n'en avais pas, sauf la langue : je craignais de ne pas m'en sortir en anglais (j'ai d'abord été dans un pays anglophone).
5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?
Non. On peut se faire comprendre avec peu de mots et, après, on progresse.
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6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation en Espagne a-t-elle été facile ?
Oui [Ninon conseille ce blog pour tout savoir sur l'expatriation en Espagne].
7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?
D'un côté, il n'y a aucun problème : j'ai l'habitude. De l'autre, j'ai eu par le passé des moments de vide : à force d'être n'importe où, on n'est plus nulle part. Donc, j'ai "investi" dans un blog : il me fournit un "point central", un objectif fixe, en attendant de véritablement me poser dans le pays (quand on change souvent, on se dit que ça ne vaut pas le coup de se poser puisque l'on va vite repartir ; mais le blog, je peux le garder, où que j'aille).
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8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation en Espagne ?
Je gèrerais différemment les dates : je n'étais pas exactement au courant des dates limites d'inscriptions scolaires et j'ai eu quelques soucis à ce propos.
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9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ?
Les personnes qui te donnent des informations précises sur les lieux à visiter, les restaus sympa, tout ça… C'est bien.
J'ai passé neuf mois dans un endroit - qui ont été formidables car j'ai rencontré une dame qui m'a informée de tout ce qui se passait, comment ça se passait, où aller… (précisément : il y avait un carnaval - pour ne pas le dire - mais pas d'infos sur les lieux des défilés et les heures ; c'est la dame qui m'a tout dit et, du coup, je n'ai rien raté ; c'était sympa ; je n'ai pas eu à attendre de "connaître" le pays).
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10) As-tu un travail en Espagne ?
Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?
Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?
Je n'ai pas de travail - et pas encore cherché à en trouver.
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Le parc du Retiro (a Madrid)
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11) La France te manque-t-elle ?
Non. Paris me manque un peu mais, quand je reviens l'été, je marche à pied des heures dans Paris ; j'ai des ampoules et ça me va.
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12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?
Je ne sais pas. Il faudrait que ce soit quand vraiment il y a une bonne, bonne raison ; pas juste comme ça, pour rentrer.
13) As-tu hâte de revenir en France definitivement ?
Non.
14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?
Par mail et Skype.
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15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?
Une fois par an.
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16) Si tu es ici depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?
Oui. Je me détache de la France du quotidien. Complètement. En même temps, je me sens plus française que jamais. Je suis même contente d'être française.
17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis en Espagne ?
Les Français sont trop gâtés et difficiles. Ils ne se rendent pas compte de leur chance. On se dénigre trop en France : c'est un beau pays ; les avantages y sont nombreux.
18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?
Quand j'habitais dans un pays arabe, je crois qu'ils avaient un peu peur ; en même temps, je pense qu'ils voyaient ça comme un paradis - ou un luxe (le climat, une femme de ménage…) alors que ça n'est pas comme ça que je définirais les choses ; en même temps, je pense qu'ils pensent à tout ce que l'on n'a pas quand on n'est plus en France et qu'ils trouvent ça insupportable. A Madrid, ça leur semble plus familier (et je n'ai plus de femme de ménage).
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19) Ta vision de l'Espagne a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation?
Lors de ma première expatriation, oui : je n'avais aucune idée sur l'Espagne et j'ai découvert un pays extraordinaire.
20) Trouves-tu ta vie actuelle en Espagne plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?
Plus agréable. A cause du temps, des gens plus cool, du changement, du dépaysement. Et des bars à tapas. Et de la charcuterie.
21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou espagnole ?
Je ne me sens plus. J'ai du mal à me situer.
22) En Espagne, as-tu plus de connaissances/amis espagnols ou français ?
Français.
23) Cela te convient-il ?
Oui.
24) Si je te dis que tu dois definitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?
Plutôt la panique. La vie est chère, en France, il fait gris... Si on va en province, on aura plus de mal à s'intégrer : les Français seront entre eux et les étrangers aussi. Si on va sur Paris : le temps, les trajets, la pollution...
25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?
Complètement. C'est comme si on cessait d'avoir un point de vue mais que l'on en gagnait automatiquement trois ou quatre (dans chaque pays étranger, on rencontre des Français qui viennent d'ailleurs, des locaux et d'autres étrangers ; ça fait toutes sortes de points de vue ; c'est parfois très surprenant).
26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation en Espagne mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?
Peur de quoi ? Je ne leur dirais rien, en fait. Ça m'énerverait. S'ils ont peur mais sont en train de changer tout de même, je les encouragerais et leur dirais que ça va être génial. S'ils ont peur et envisagent vraiment tout, comptent, calculent, s'inquiètent… je leur dirais de rester chez eux : on perd forcément un peu de soi, pour gagner autre chose, dans une expatriation.
Si on n'a pas vraiment envie d'y aller, autant ne pas bouger. Il n'y a rien de plus agaçant que les expats (français ou autres) qui dévident la litanie de tous leurs soucis : "La Sécu, c'est pas pareil", "Les médecins sont bizarres", "On trouve pas de Bourgogne Aligoté", "Pas moyen de trouver du veau" (le veau est une viande super rare hors de France). Alors, si on a trop d'appréhension, autant ne pas bouger. Si on part à l'autre bout du monde pour trouver des Monop et du cassoulet, c'est idiot. Pourtant, le cassoulet me manque.
27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?
Je vais plutôt te dire où j'envisage de ne jamais aller : les îles du Pacifique me font peur car elles sont dans une zone de tremblements de terre et de raz-de-marée. J'y inclus le Japon mais je ferais peut-être un effort car le Japon du nord me tente beaucoup... Mais vu le boulot de mon mari, on irait plutôt dans la mégalopole et ça ne me dit rien. Cela dit, je n'ai pas non plus prévu de continuer à voyager très loin : on verra comment les choses vont évoluer.
Merci à toi, Stéphanie !!!
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Un "banc publicitaire" a Santa Cruz de Ténérife
Le magazine France-Amérique

Il y a de cela quelques semaines, j'ai été contactée par une sympathique journaliste du magazine France-Amérique.
Cette journaliste préparait en effet un article traitant de l'influence, au cours de l'Histoire, de Paris sur Philadelphie et traitant, également, de la présence française dans cette ville.

L'article de Clémentine Gallot
J'ai répondu a quelques questions rapides et le résultat se trouve donc dans le magazine de ce mois-ci :

Pour ma part, cette modeste parution m'a surtout permis de découvrir le magazine France-Amérique : il s'adresse avant tout, vous l'aurez deviné, aux expatriés français vivant aux Etats-Unis.
J'ai notamment découvert, dans ce numéro, que TV5Monde a une programmation très intéressante pour les Français en mal de bons vieux films franchouillards du dimanche soir.


Pour savoir si vous pouvez recevoir TV5Monde chez vous, aux Etats-Unis, c'est par ici ; TV5Monde en français, c'est par la-bas : vous pouvez choisir le pays ou vous habitez et consulter les programmes TV5 de ce pays.)
On retrouve aussi et bien sur, dans France-Amérique, toutes les informations concernant les écoles françaises situées aux Etats-Unis.

Ecoles françaises a New York, en Caroline du Sud, en Californie...
Dans ce numéro de France-Amérique d'octobre 2008, sachez aussi que vous retrouverez des petites annonces, deux recettes a base de courges (c'est la saison), des articles divers...



...ainsi qu'un supplément très intéressant pour les Français qui envisagent l'expatriation américaine :

France-Amérique sur internet, c'est par ici. Certains articles sont en ligne et non dans le magazine (et vice versa).
Les clés de l'Amérique, c'est par la. PARFAIT pour les futurs expatriés qui sauront tout sur la vie a l'américaine qui les attend (attention : certains articles sont payants). Sinon, ce supplément se trouve dans le France-Amérique de ce mois d'octobre.
Pour savoir ou acheter France-Amérique aux Etats-Unis, c'est par là-bas.

L'expatriation vue par...
...Déborah qui est une lectrice de ce blog expatriée a Washington, DC.

Photo Déborah
Merci beaucoup de ta participation, Déborah !
1) Depuis quand es-tu expatriée aux Etats-Unis ?
Depuis septembre 2006.
2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?
Pour une offre d'emploi. Je travaille dans un secteur dont la capitale est Washington, DC : la communication "non-profit" [a but non lucratif].
3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?
Enthousiastes pour la plupart… Tristes, voir très tristes, pour d'autres (ma mère !).
4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?
Je partais vraiment à l'aventure. Cela faisait plusieurs mois que je cherchais un job aux Etats-Unis et le fait d'avoir tout mis en place de moi-même (emploi, appart'…) m'a fait, au dernier moment, passer de l'enthousiasme à la grosse angoisse : "Suis-je timbrée de quitter Paris alors que rien ne m'y oblige ? Comment vais-je reconstruire une vie sociale ? Etc…" Paradoxalement, je pense que c'est pour bousculer tous mes repères que j'avais tant envie de partir.
5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?
Non. Du point de vue professionnel, ça a très vite collé et légitimé, de fait, mon expatriation. Pour ce qui est de la vie sociale, Washington est une ville très jeune et cultivée ; c'est aussi une ville de transit ou beaucoup de jeunes passent quelques années a travailler de façon acharnée. Donc tout est fait pour les amener a s'intégrer : happy hour après le travail, équipes de sports, bénévolat… Et puis, le fait qu'énormément de monde travaille pour une ONG, une organisation internationale ou encore pour le gouvernement crée, je dois bien l'avouer, un sacré microcosme.

La Maison Blanche
Photo Déborah
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6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation aux Etats-Unis a-t-elle été facile ?
J'ai eu beaucoup de chance : l'entreprise où je travaillais a tout pris en charge. Il y a quand même eu un sacré cafouillage : mon visa touchait à sa fin… Il n'y avait apparemment rien à faire et je m'apprêtais a faire mes valises après un an et demi à Washington… Un mois avant mon départ, ma DRH m'annonce qu'ils vont tenter autre chose. Et cela a marché ! Je peux rester encore trois ans, renouvelables une fois (donc six).
7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?
Très bien. Bien sur, ma famille et mes amis me manquent. Mais je retourne en France pour le travail assez régulièrement. Je trouve la faune de DC très intéressante : on n'arrête pas de rencontrer de nouvelles personnes et je me suis créée un groupe d'amis proches.
8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation aux Etats-Unis ?
Non, je ne crois pas.
9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ?
La personne qui s'est chargée de mon visa au bureau : quelqu'un de très pointilleux et efficace.
10) As-tu un travail aux Etats-Unis ?
Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?
Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?
Oui. C'est dans la continuité directe de mes études. Je me fais souvent la remarque que je vis en direct des choses que j'ai étudiées… D'ailleurs, j'écris toujours à certains de mes profs.
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Photo Déborah
11) La France te manque-t-elle ?
Oui. Mais j'ai TV5 à la maison, la boulangerie Le Pain Quotidien tout près de chez moi et iTunes France à disposition. J'allais oublier Netflix qui propose des films français. Je suis sacrément équipée !
Je viens aussi de découvrir Rebtel : pour quelques dollars, ce système transforme les numéros internationaux en numéros locaux.
12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?
Je ne sais pas.
13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?
Non. Enfin… Sauf en cas de bourdon… Là, je répondrais oui.
14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?
Rebtel, Skype, Facebook, e-mails et même la bonne vieille poste !
15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?
Pour le travail ; disons tous les 3-4 mois.
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Photo Déborah
16) Si tu es ici depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?
Non. Je fais très attention à me tenir informée des livres qui sortent, des nouveaux films, de l'actualité… Mais j'avoue que, quand j'ai entendu parler de la Tektonik, j'ai pas tout suivi…
17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis aux Etats-Unis ?
Je me rends vraiment compte des bons cotés que j'avais tendance à prendre pour acquis…
Le coût des études, par exemple : la plupart de mes amis, ici, ont des emprunts d'enfer a rembourser. Quand je leur raconte que, pour mes études j'ai payé environ 200 euros par année, ils restent bouche bée.
Je sais bien que notre système a bien des défauts mais, aux USA, l'ascenseur social est, je pense, vraiment encore bien plus dur à prendre qu'en France : intégrer une université prestigieuse relève du sport de haut niveau et ne dépend pas que des notes ; il y a tout un état d'esprit, la tradition familiale, etc… Il faut avoir fait la bonne "prep school" (lycée prestigieux qui prépare spécialement à ces universités) et passer les tests.
En France, tu t'inscris en fac de droit ou de médecine, tu travailles comme un fou et tu peux décrocher ce que tu vises - sans avoir à débourser 60 000 $ par an…
Washington a beau être la capitale, l'offre culturelle est quand même bien moins diversifiée qu'à Paris. Bien sur, ils y a les musées (Smithsonian) mais les expos changent rarement et ils ferment à 17h. Les pièces de théâtre sont rares et les tarifs de semaine à 10 euros, ça n'existe pas, ici…
18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (rêve américain, solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?
Comme dans la série The West Wing - et ils ont tort.
19) Ta vision des Etats-Unis a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?
Pas vraiment changé. Je ne pense pas que DC soit représentative des USA…
Si, une anecdote : nous, Français, avons la réputation d'avoir un bon coup de coude mais les "Ricains" boivent à se rendre malade. Un petit tour du côté des bars un samedi soir et vous verrez des gens par terre…
20) Trouves-tu ta vie actuelle aux Etats-Unis plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?
Autant - voir plus – agréable.
21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou américaine ?
Française et européenne.
22) Aux Etats-Unis, as-tu plus de connaissances/amis américains ou français ?
Presque tous américains.
23) Cela te convient-il ?
Je pense qu'il est difficile de s'imprégner d'une culture sans nouer des liens avec des locaux. J'aimerais bien connaître plus de Français, cependant.
24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?
Très triste.
25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?
Oui : elle m'a rendue plus optimiste. Mais comme disait Napoléon : "Si on veut fermement et constamment, on obtient ce que l'on veut". Personnellement, l'Amérique, je voulais l'avoir - et je l'ai eue (spéciale dédicace à Joe Dassin).
26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation aux Etats-Unis mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?
Mieux vaut avoir des remords que des regrets. Foncez !
27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?
L'Argentine m'attire… "Que sera sera".

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Photo Déborah
L'expatriation vue par...
...Séverine que je connais a travers son blog.

Tour de manège a Bryant Park
Photo Séverine
Merci BEAUCOUP, Séverine !
1) Depuis quand es-tu expatriée aux Etats-Unis ?
Nous avons fêté notre premier anniversaire a New York a la fin du mois d'aout.
2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?
Pour suivre mon mari, débauché par son client pour qui il travaillait comme consultant externe.
3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?
La famille était à la fois contente pour nous (une super opportunité pour notre carrière, pour la langue, pour visiter un nouveau pays) mais aussi super triste de nous voir partir. Et surtout triste de voir leur petit-fils ou neveu partir a des milliers de kilomètres.
Un peu inquiète aussi car nous partions a l'aventure avec beaucoup d'inconnus et peu d'aide de l'entreprise de mon mari. Les amis étaient très contents pour nous et voyaient aussi une bonne opportunité de venir nous rendre visite à New York.
4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?
Est-ce qu'on va trouver rapidement un logement ? Un travail pour moi ? Une école pour notre fils ? Est-ce qu'on va se faire des amis ?
5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?
La recherche de logement n'a en effet pas été facile car nous redémarrions complètement à zéro : sans "credit history", nous n'existions pas et c'était comme si nous étions des étudiants de 18 ans.
Pour le travail, un peu long a cause du coté administratif mais le marché de l'emploi est super dynamique par rapport a Paris.
Pour l'école, un coup de chance : nous avons trouvé très vite.
Pour les amis, oui et non : on s'est fait de bons amis qui sont repartis en France, d'autres qui ont déménagé en banlieue... On n'a aujourd'hui pas mal de connaissances (collègues, parents de l'école...) qu'on voit de temps en temps mais pas encore de fortes amitiés comme en France.
Premier déjeuner dans l'appartement new yorkais
Photo Séverine
6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation aux Etats-Unis a-t-elle été facile ?
La confirmation de notre départ et l'obtention du visa furent longues. Notre premier mois sur place fut galère : nous avons déménagé cinq fois en un mois. D'abord quelques nuits d'hôtel ; puis quelques semaines de "squat" chez une amie d'amie en vacances ; puis encore de nouveau quelques nuits d'hôtel, de nouveau quelques jours de "squat" chez d'autres amis de la famille et enfin l'emménagement dans notre appartement. Et, à chaque déménagement, nos sept ou huit valises se sont baladées entre le bureau de mon mari, ses collègues et nos différents lieux d'hébergement.
7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?
De notre coté, nous étions tellement pris par l'excitation de cette nouvelle vie, de cette nouvelle ville… que nous n'avons pas vraiment eu de moments de déprime, de mal du pays... Juste du stress avec l'appartement car, sous la pression du "broker" [l'équivalent de l'agent immobilier], nous avons signé notre bail a 22h sans même avoir vu l'appartement correspondant (nous avions visité celui du voisin du dessus en cinq minutes a 21h). Et il fallait encore attendre 15 jours avant de voir vraiment ce pour quoi nous avions signé.
8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation aux Etats-Unis ?
Nous négocierions mieux les conditions de départ : on nous a tout juste remboursé les billets d'avion et c'est tout. Pas de logement provisoire a l'arrivée, pas d'aide au déménagement, pas de participation au loyer ou aux frais d'école, pas d'assurance santé les trois premiers mois...
9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ?
Les amis d'amis qui nous ont hébergés sans même nous connaitre préalablement ; ils nous ont permis de limiter notre galère.
10) As-tu un travail aux Etats-Unis ?
Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?
Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?
Je travaille depuis six mois dans une petite entreprise américaine d'études de marché "online". Je fais exactement le même boulot qu'en France - en mieux. Mon travail, bien que similaire, est beaucoup moins stressant qu'en France et les horaires beaucoup beaucoup plus cool.
11) La France te manque-t-elle ?
Oui et non.
Oui quand je ne retrouve pas dans les supermarchés la bonne nourriture française (le sirop de menthe, les merguez, les pâtisseries...). Oui quand ma maman est tombée malade et que je ne pouvais pas venir la réconforter. Mais, au quotidien, je dirais plutôt non : nous sommes beaucoup plus zen, ici ; nous travaillons moins et nous sommes sans cesse en train de découvrir de nouvelles choses. En plus, nous sommes en famille - nous sommes tous les trois.
12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?
Nous n'avons pas d'idée précise. L'idée serait de rester au moins trois ans pour valoriser cette expérience. Après un an, nous commençons tout juste à prendre nos marques, à mieux comprendre la langue, à s'intégrer. Mais nous n'avons pas vraiment de limite maximum. Ce n'est pas une mutation pour une période précise comme ont beaucoup d'expats ici. Nous, nous sommes libres sur la durée. Tant qu'on se plait, on reste, et si on ne se plait plus ou en cas de problème de santé important, on rentre.
13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?
Pas pour l'instant.
14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?
Nous avons notre famille au moins une fois par semaine sur Skype. Avec la vidéo, on n'a pas l'impression d'être loin. Par le blog aussi - beaucoup. Et aussi la messagerie instantanée - sur Facebook notamment - et les mails.
15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?
Deux fois par an : pour les fêtes de fin d'année et en été. C'est le minimum accepté par les grands-parents pour voir leur petit-fils. On aimerait pouvoir essayer de passer une partie de nos vacances aux Etats-Unis pour découvrir le pays mais c'est dur avec seulement trois semaines. Pour l'instant, on se contente des longs week-ends pour visiter.

A Wall Street, en famille
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Photo Séverine
16) Si tu es ici depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?
Pas vraiment. Nous restons proches de la France dans notre quotidien : on cuisine français, on suit l'actualité française... On est certainement largués sur l'actualité musicale, télé... mais, en France, on n'était pas très au fait non plus.
17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis aux Etats-Unis ?
Je ne vais pas être très originale mais je dirais que je vois les Français comme des râleurs qui ne se rendent pas compte de leurs avantages. Particulièrement la santé (ils se plaignent de payer un ou deux euros non remboursés) ou des aides pour la garde d'enfant ou l'école publique. Aussi pour le chômage : les chercheurs d'emploi sont beaucoup plus dynamiques, ici, car ils doivent travailler (le chômage est quasi inexistant) et n'hésitent pas a accepter tout travail.
18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (rêve américain, solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?
Grace au blog, notre famille et nos amis ont une assez bonne idée de notre quotidien. Ils nous imaginent hyper actifs. C'est vrai qu'on fait beaucoup plus de choses qu'a Paris car nous avons beaucoup de temps disponible. En France, nous passions beaucoup de temps en famille. Mes parents, lors de leur visite, ont pu constater que nous avions une vie agréable, ici. Nous avons vu pas mal d'amis aussi en un an qui ont pu découvrir notre nouvelle vie.
19) Ta vision des Etats-Unis a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?
Je pensais New York beaucoup plus stressant que Paris. Mais finalement, les gens sont beaucoup plus "speed", plus agressifs à Paris.
20) Trouves-tu ta vie actuelle aux Etats-Unis plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?
Plus agréable. Beaucoup moins stressante.

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Photo Séverine
21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou américaine ?
Toujours française et je pense que ce sera toujours le cas.
22) Aux Etats-Unis, as-tu plus de connaissances/amis américains ou français ?
Au début, quasi uniquement des Français : je ne travaillais pas et passais beaucoup de temps avec d'autres mamans françaises via l'association Accueil New York. Avec le travail et l'école de mon fils, nous avons élargi nos connaissances et côtoyons beaucoup d'Américains. Mais, pour l'instant, cela se limite a quelques gouters d'anniversaires, des sorties dans des bars après le boulot et plus rarement un diner.
23) Cela te convient-il ?
J'aimerais bien développer de vraies amitiés avec des Américains mais cela prend du temps. Côtoyer des Français, cela fait du bien aussi. On se comprend plus facilement.
24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?
Je serais déçue. Au bout d'un an, on commence tout juste à faire nos marques, à mesurer nos progrès dans la langue... En plus, je ne bosse que depuis six mois donc ce serait vraiment une trop courte expérience.
25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?
On est probablement plus curieux, plus observateurs, plus débrouillards. Je pense que j'aurais aussi moins peur de repartir à zéro ailleurs.
26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation aux Etats-Unis mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?
L'expatriation aux Etats-Unis ou ailleurs est une expérience géniale qui ne pourra qu'être bénéfique. Par contre, surtout avec un enfant, il faut bien tout étudier avant de partir et bien négocier les conditions de départ.
27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?
L'expatriation facile a Londres !


