...l'amie Flo qui est installée près de la capitale des Etats-Unis.

Merci beaucoup, Flo !

NB : Toutes les photos de cet article sont signées Flo (sauf avis contraire).

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Photo Yelkabe

 

 

1) Depuis quand es-tu expatriée aux Etats-Unis ?

 

 

 

Depuis fin juillet 2006 - donc deux ans et demi.

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2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?

 

Comme tout le monde le sait, trouver un boulot en France quand on est chercheur relève du challenge. Mon copain ayant trouvé une opportunité a priori intéressante aux US, nous nous sommes mariés et nous sommes partis vivre l'aventure au pays de l'Oncle Sam. 

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3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?

 

"Tu es sure ? Mais on ne te verra plus ?..."

 

Ou alors : "Super, il faut y aller pendant qu'on est jeune !"

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4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?

 

Est-ce que je vais trouver du boulot ? C'était ma plus grande peur. Est-ce que je vais savoir gérer l'administration, aussi. J'ai une angoisse persistante sur le retour en France mais on verra bien quand le moment sera venu. D'un point de vue plus humain, j'avais peur de voir des gens de ma famille mourir pendant mon absence (notamment mon arrière grand-mère qui a 103 ans mais qui est toujours la !). Evidemment, nous nous sommes tous les deux posés la question de savoir si on voulait s'engager dans le mariage pour vivre cette aventure ensemble et, finalement, nous avons décidé que oui.

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5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?

 

Oui, dans le sens ou j'ai mis plus d'un an a trouver un job intéressant et ou je crains toujours de perdre les gens âgés de ma famille pendant que je suis loin ; non, dans le sens ou j'ai trouvé un job intéressant depuis octobre 2007 et ou c'est une expérience a vivre absolument, même si ce n'est pas facile tous les jours.

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Le Ministère de l'Environnement (Washington)

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6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation aux Etats-Unis a-t-elle été facile ?

 

Non ! Tout de même facilitée par le fait que nous avons vite trouvé un appart' et que nous avons été aidés par des amis. Mais pour la partie qui concernait mon boulot (autorisation de travail, etc...), j'avoue que ce n'est pas franchement une partie de plaisir - ainsi que le renouvellement des visas, l'installation du téléphone, l'achat de la voiture, etc... Bref, c'est surmontable mais pas agréable.

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7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?

 

Parfois éprouvant ; mais j'avais envie de vivre une expérience a l'étranger donc j'ai fini par trouver mon équilibre. Très clairement, la première année est la plus dure - le temps de faire toute la paperasse administrative, justement, de trouver ses marques, de se refaire un réseau d'amis, de recréer son petit monde… Je pense que si on veut vraiment vivre une expérience d'expatriation réussie, il faut rester au moins deux ans.

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8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation aux Etats-Unis ?

 

Je ne sais pas. Certainement pas pour l'administration car je crois qu'on ne pouvait pas gérer mieux que ce que nous avons fait. Pour la recherche d'un emploi, peut-être ; mais je ne regrette rien de mes expériences ici.

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9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ? 

 

La personne dont nous avons repris l'appartement nous a beaucoup aidés quand nous sommes arrivés. Nous avons aussi eu la chance d'avoir des voisins qui sont devenus des amis et qui ont sans doute rendu les premiers mois plus agréables a vivre.

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Mais j'ai trouvé que c'était parfois difficile de trouver l'information de première main ; celle qui vient de l'expérience des autres expatriés. C'est pour ça que j'ai dédié une partie de mon blog a cela et, depuis, je dois dire que j'ai beaucoup de "mails" de gens qui ont besoin d'aide. Je pense parfois a monter une agence de soutien aux "expats" ; je suis sure que ça marcherait !

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10) As-tu un travail aux Etats-Unis ?

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Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ? 

 

 

 

Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?

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Oui. J'ai obtenu mon "EAD" [autorisation de travail] en octobre 2006 et commencé a travailler comme vendeuse a "L'Occitane en Provence" en décembre 2006. C'était forcément très différent de ce que j'avais fait en France ou j'étais cadre dans la fonction publique territoriale, chargée de mission "développement durable" dans une grande agglo'. Mais je ne regrette rien car j'ai nettement amélioré mon anglais et, surtout, j'ai trouvé parmi les autres salariés des amies américaines que je fréquente toujours très régulièrement (sur le modèle "Sex and the City").

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Ensuite, j'ai trouvé un stage comme chargée de recherche au "US Green Building Council", une "non profit" ["ONG"] leader de l'habitat durable aux USA. C'était déjà nettement plus en relation avec mon profil et j'ai passé quelques mois là-bas, apprenant beaucoup et améliorant nettement mon anglais car j'étais la seule étrangère sur un "staff" de 100 personnes.

 

Enfin, un peu par chance, j'ai fini par intégrer la "Banque Mondiale" ou j'ai signé en mars 2008 un contrat de deux ans. C'est amusant car la personne qui a mis mon CV sur le bureau de mon "boss" actuel est un jeune homme dont l'épouse (français tous les deux) lisait mon blog : nous avons fait connaissance par ce biais. Finalement, je crois que mon blog, aussi humble soit-il, m'a permis de rentrer a la "Banque Mondiale" !

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Architecture a Washington

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11) La France te manque-t-elle ?

Oui, bien sur ! La France, la cuisine française, et surtout ma famille et mes amis ! Je voudrais rentrer plus souvent mais encore faudrait-il avoir plus de vacances ! Le problème, c'est que je suis partagée entre rentrer en France et profiter de mes vacances pour visiter les Etats-Unis et tout le reste de l'Amérique… Je voudrais bien pouvoir tout faire mais touriste a plein temps, c'est un métier qui ne fait pas franchement vivre. J

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12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?

 

A la fin de mon contrat, dans deux ans. En Europe ou en France, peu importe, en fait. Mais c'est vrai que je voudrais pouvoir décider sur un coup de tête que je vais voir mes amis, ma famille, etc... Et la, c'est pas franchement possible ! Au moins, je me dis que si nous sommes en Irlande, en Grande-Bretagne ou en Suisse, je pourrai faire ça de temps en temps.

 

 


13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?

 

Non. Je veux vivre cette expérience jusqu'au bout. Mais je serai ravie de rentrer en Europe, ça ne fait aucun doute ! Après avoir galéré pendant plus d'un an, je veux en profiter un maximum !! Chaque chose en son temps et la, c'est le moment de jouer a la cadre hyper dynamique "surbookée" [débordée] avec une vie sociale trépidante - avant que l'idée de la maternité ne fasse son chemin, par exemple.

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14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?

 

Via mon blog, les e-mails et le téléphone - beaucoup. Quand le réseau américain le permet (les expats comprendront…), nous téléphonons longtemps a nos familles et nos amis, le week-end. Malheureusement, ma petite arrière-grand-mère devient sourde donc je vais devoir passer aux cartes postales. Mais sinon, le téléphone reste notre meilleur ami.

 

 


15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?

 

Une a deux fois par an environ. La dernière fois, c'était en novembre 2008 mais j'étais en mission et je suis restée trois jours avec ma famille donc c'était très court ! La prochaine fois, ce sera sans doute en été… Ça fait long quand on y pense comme ça alors j'essaie de ne pas y penser. La vie passe a toute allure, ici, donc ça devrait arriver très vite.

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Le Roosevelt Memorial

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16) Si tu es ici depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?

 

Non, pas du tout ! Je prends conscience au contraire de la chance que nous avons de vivre en France et je mesure mieux les avantages et les inconvénients de chaque système. Nous avons beaucoup d'amis français, ici, même si j'ai aussi des amies américaines. Chacun rentre au pays et revient avec de quoi nourrir les autres : on ne risque pas de s'éloigner de la culture culinaire française. ;)

 

 


17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis aux Etats-Unis ?

 

Sans doute comme avant. Mon image des Français n'a pas changé. Mon image des Américains, oui, par contre ! En bien, souvent. Ils sont très aimables, très serviables, toujours très accueillants. Ils ont aussi beaucoup de défauts mais comme les Français, certainement. Je crois que la chose qui m'a le plus étonnée en arrivant ici, c'est de voir combien les Américains ne sont pas dupes des balivernes que leur racontait leur Président. Je croyais qu'ils étaient tous derrière lui mais en fait, pas du tout. Donc, je suis ravie de la nouvelle présidence, évidemment !

 

 


18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (rêve américain, solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?

 

 

 

Je ne sais pas trop. Certains pensent sans doute que c'était risqué de partir en laissant tout derrière soi. Finalement, deux ans après et vue notre situation actuelle, je pense qu'ils doivent se dire qu'on s'est bien débrouillés. Je crois surtout que ce qu'ils pensent découle de ce qu'on raconte de notre vie ici. Il faudrait leur demander ; c'est une question intéressante !

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19) Ta vision des Etats-Unis a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?

 

 

 

Elle a changé en bien. Pour moi, les Etats-Unis, c'était le grand méchant pays pas "durable" du tout, le démon "anti-green" [anti-écologie] en puissance, la "connerie bushienne"... Finalement, j'ai trouvé ici des gens intelligents, passionnés, "green" ["écolos"] comme en France même si, bien sur, il y a des abrutis ici comme ailleurs. J'ai une autre vision des US ; plus mitigée, plus juste, je crois.

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20) Trouves-tu ta vie actuelle aux Etats-Unis plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?

 

 

 

En terme de qualité de vie, il n'y a aucun doute : j'ai beaucoup perdu. Faire plus de deux heures de transports en commun par jour, bosser plus de 10 heures par jour et le week-end, c'est quand même plus intensif qu'en France. On ne fait plus de "randos" alors qu'on adorait ça ; la vie en centre-ville a la française me manque, etc... Mais j'aime quand même ma vie ici, avec mon mari, un job passionnant, mes amis et des choses a découvrir chaque jour.

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Le Jefferson Memorial pendant la saison des cerisiers en fleurs

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21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou américaine ?

 

 

 

Très certainement pas américaine. A la fois française et européenne. Plus européenne sans doute car je me rends mieux compte du fait que la culture européenne est en elle-même différente de la culture américaine. Maintenant que je me suis expatriée aux US, m'expatrier en Europe ne me fait plus peur : je m'y sentirais chez moi (a condition de parler la langue, toutefois, parce que je refuse de me mettre a l'allemand a 30 ans !).

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22) Aux Etats-Unis, as-tu plus de connaissances/amis américains ou français ?

 

 

 

Nous avons plus d'amis français car le "NIST", c'est une colo' de vacances pour jeunes ingénieurs - un peu genre "ambiance Erasmus" pendant des années. Mais, heureusement pour moi, dans mon malheur d'avoir été vendeuse, j'ai rencontré des amies américaines super et je pense que je garderai contact avec elles très très longtemps après mon retour en France. Comme quoi, finalement, chaque étape dans cette expérience américaine aura été porteuse de quelque chose pour moi…

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23) Cela te convient-il ?

 

 

 

Oui : j'ai trouvé un équilibre entre le cercle français et le cercle américain - que je mélange d'ailleurs allégrement ! Je sais que certains Français regrettent beaucoup de ne pas avoir d'amis américains, ici, de ne pas s'intégrer. Je le comprends, c'est frustrant. Heureusement pour moi, je n'ai pas ce problème et, du coup, j'apprécie d'autant mieux mes deux cercles d'amis.

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24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?

 

 

 

Panique pour les formalités administratives et l'organisation du retour. Je serais de toutes façons partagée entre la tristesse de tourner cette page de ma vie et la joie de rentrer auprès des miens ; que ce soit dans deux mois ou dans deux ans ne change rien, je crois. Si je rentrais dans deux mois, j'aurais le sentiment d'une expérience inachevée et je crois que ça me rendrait triste de ne pas avoir pu vivre ça jusqu'au bout.

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25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?

 

 

 

Oui, ça a changé ma façon de voir le monde – plus petit que prévu - de voir la vie – il faut saisir les opportunités quand elles sont la et profiter des expériences que la vie nous tend – et de me voir moi-même aussi – finalement, je suis capable de le faire !

 

Pour moi, partir, c'était "big deal" [important et sérieux] - comme pour beaucoup de Français, je pense. Je suis heureuse de l'avoir fait ; j'ai fait des rencontres inespérées, vécu des choses super, ai appris a mieux me connaître, aussi. Je voulais partir mais je n'avais pas eu l'occasion de le faire avant cela. Grâce à mon petit mari, j'ai fait le grand saut et je ne regretterai jamais de l'avoir fait. Un grand merci a mon chéri de m'avoir fait vivre cette aventure avec lui !

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Dans les jardins de la Maison Blanche

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26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation aux Etats-Unis mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?

 

 

 

Foncez ! On vous aidera, s'il le faut. Et si ça ne marche pas, vous rentrerez en France. Je crois qu'on n'a pas grand-chose a perdre quand on a 30 ans.

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27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?

 

 

 

En Europe, dans un pays ou on cause anglais ou français car je ne veux plus galérer pour m'insérer a cause d'un problème de langue. Ça, on le fait a 25 ans ; moins à 35, je crois. Mais ça dépend sans doute des gens. Donc, je dirais oui à l'Irlande, à la Grande-Bretagne, a la Suisse. Why not [Pourquoi pas] l'Espagne ; mais ce ne serait pas mon premier choix. En fait, je ne sais pas si l'expatriation me fait vraiment envie mais il est clair que cette expérience américaine m'aura donné envie d'explorer le monde, de rencontrer des gens, des cultures, de voir d'autres mondes. Je dirai que j'ai plus envie de voyager, de faire des missions dans des pays que de m'expatrier a proprement parler. "Let's discover the world!" [Découvrons le monde !]

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Les Clinton en plein jardinage

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