...Laure qui est expatriée en Grèce (et en partance pour Montréal).

Merci, Laure !

NB : Toutes les photos sont extraites du blog de Laure.

cache_cache1

Saurez-vous retrouver Laure ?

 

 

ligne

1) Depuis quand es-tu expatriée en Grèce ?

 

 

 

Je suis venue pour un séjour Erasmus entre janvier et juillet 2004. Je suis revenue définitivement depuis janvier 2005 pour continuer mes études.

 

 

 


2) Pourquoi t'es-tu expatriée ?

 

 

 

Je fais des études d'histoire et, pour mon doctorat, j'ai pu bénéficier d'une co-tutelle de thèse entre l'Université de Provence et la National and Kapodistrian University of Athens. Je suis donc inscrite dans deux universités et j'obtiendrai deux diplômes. Comme l'essentiel de mes recherches porte sur des archives disponibles à Athènes, je me suis installée ici. Cependant, la Grèce avait toujours représenté pour moi un rêve : j'ai fait en sorte d'être "obligée" de choisir un sujet qui me forçait à être sur place !!

ligne

 

 

 

 

 

3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?

 

 

 

Très contents car je réalisais un vieux rêve !

ligne

 

 

 

 

 

4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?

 

 

 

J'avoue que je ne me suis pas posé de questions au moment de partir. C'était ce que je voulais faire, je savais que c'était ce qui me convenait le plus. J'ai foncé. Mes peurs reposaient davantage sur la conduite de mon travail que sur le reste.

 

 

 


5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?

 

 

 

Tout n'est pas toujours facile et, six mois après mon arrivée, j'ai obtenu différentes bourses d'études qui se sont échelonnées sur trois ans, ce qui m'a considérablement aidée !

ligne

 

016

ligne

Athènes

ligne

ligne

ligne

ligne

6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation en Grèce a-t-elle été facile ?

 

 

 

 

Au niveau des formalités, c'est l'Union Européenne : il n'y a rien à faire. On a le droit de s'installer sur le territoire. Concernant ma convention de co-tutelle, elle a été signée six mois après mon arrivée grâce à un texte de loi (voté in extrémis pour l'obtention de ma première bourse) : la Grèce, jusque-là, ne reconnaissait pas les co-tutelles malgré les prérogatives européennes. Mais, malgré tout, je pouvais bénéficier du statut d'étudiante grecque avec les facilités que cela implique ("Resto U", réductions dans les transports…).

ligne

 

 

 

 

 

7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?

 

 

 

Je suis partie seule, ne laissant aucune attache (amoureuse) en France : j'ai rencontré mon compagnon (un Français) ici, dans un des centres de recherche que je fréquente (l'Ecole Française d'Archéologie) ; il effectuait son Volontariat International au service informatique.

 

 

 


8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation en Grèce ?

 

 

 

Non.

 

 

 


9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidée dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ? 

 

 

 

Pour trouver un appartement, comme mon niveau de grec n'était pas encore génial (basique), c'est une amie, devenue une de mes meilleures amies, qui m'a aidée pour visiter, prendre rendez-vous. J'ai appris très récemment que, malgré la libre circulation européenne et les demandes européennes, la carte de séjour n'est plus obligatoire pour les Européens ; mais il faut s'inscrire à la préfecture de police (loi votée il y a un an) : là, c'est un ami avocat qui nous a aidés. Après tout cela, ça n'aurait jamais été réalisable si mes parents ne m'avaient pas offert la possibilité de poursuivre mes études en m'aidant financièrement au début.

 

 

 


10) As-tu un travail en Grèce ?

 

 

 

Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?

 

 

 

Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?

 

 

 

Non, je ne travaille pas et je ne cherche pas.

ligne

014

ligne

Athènes

ligne

ligne

ligne

ligne

11) La France te manque-t-elle ?

 

 

 

Non, pas vraiment.

ligne

 

 

 

 

 

12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?

 

 

 

Je ne pense pas revenir en France. Après la Grèce, nous avons décidé avec mon compagnon de tenter l'aventure au Canada : d'abord grâce au Programme Vacances Travail [un forum utile par ici] puis nous poursuivrons sûrement par une demande de résidence permanente.

ligne

 

 

 

 

 

13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?

 

 

 

Non.

ligne

 

 

 

 

 

14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?

 

 

 

Le téléphone (depuis un an, un opérateur genre Free vient d'ouvrir en Grèce… Vive les appels illimités vers la France !), les e-mails, MSN, webcam…

ligne

 

 

 

 

 

15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?

 

 

 

En moyenne, deux fois par an. Mes parents sont venus presque tous les ans depuis que je suis ici !

ligne

200604_20071

ligne

Santorin

ligne

ligne

ligne

ligne

16) Si tu es en Grèce depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?

ligne

Pas vraiment l'impression de m'en détacher : on ne peut renier ses origines. Par contre, faire la part des choses, oui. Je dirais prendre du recul et retenir les bons côtés de chaque culture : je ne rejette pas ma culture française, ni n'idéalise la culture grecque (idem pour les modes de vie). J'essaie de m'accommoder de ce que j'ai.

ligne

ligne

17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis en Grèce ?

 

 

 

J'ai l'impression que je vois beaucoup de points négatifs depuis que je suis partie. Sûrement l'effet d'éloignement et de ne plus avoir "le nez dedans", comme on dit. En fait, je crois que j'ai pris conscience des problèmes de la société française en étant ici. Par exemple : le Français râleur, cela me fait toujours un choc lorsque je passe pour rentrer via Paris et que j'ai quelques heures d'attente à Roissy… A peine le pied sur le tarmac, j'entends râler dans tous les sens. Cependant, j'ai pris aussi conscience des problèmes (et avantages ; c'est réciproque aussi pour la France) de la Grèce. L'herbe n'est jamais plus verte ailleurs !!!!

ligne

 

 

 

 

 

18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatriée (solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?

 

 

 

Ceux qui sont venus la comprennent. Les autres ?! Ils n'ont qu'à venir voir et je leur montrerai ! Je pense que certains (pas des proches), au début, pensaient que je partais en vacances : ils n'arrivaient pas à comprendre que je partais dans le cadre d'études.

ligne

 

 

 

 

 

19) Ta vision de la Grèce a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?

 

 

 

Voir question 17. Vivant la vie grecque au quotidien, j'ai pris conscience des problèmes qu'un touriste ne peut percevoir. Les salaires sont peu élevés : si l'on n'est pas grec avec une famille pour aider (la solidarité familiale est importante, ici), ça peut être difficile car, en général, les parents (de la génération de nos parents) prévoyaient un terrain/appartement pour leurs enfants… Ce qui permet d'alléger un coût de la vie en constante augmentation avec un niveau salarial très bas (une moyenne de 800 euros/mois pour 35-40h).

ligne

 

 

 

 

 

20) Trouves-tu ta vie actuelle en Grèce plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?

 

 

 

Je dirais plus agréable : déjà, le climat aide beaucoup - même si je suis originaire du sud de la France (Provence) ; le temps est beaucoup plus clément. D'un point de vue du rythme de vie, comme on dit ici : "siga-siga" ("doucement-doucement") ce qui parfois, pour un Français, peut être difficile à comprendre - mais on s'y habitue très bien !! Si, si, c'est vrai. Ainsi, on prend davantage le temps de vivre. La preuve : les rues, les villes, les petits villages regorgent de cafés avec terrasses où il fait toujours bon se poser et prendre le temps. Enfin, les marchés regorgent de saveurs, de fruits et légumes oubliés en France ! Une avalanche pour les papilles !

 

 

 

Après, d'autres aspects sont plus difficiles : l'administration n'est pas simple, le système de santé non plus (on ne va plus chez le médecin pour une broutille), les salaires locaux ne sont pas "top", l'éducation non plus. Mais on s'y fait quand on n'a pas le choix et on fait avec ; mais, dans la mesure où je n'ai pas d'enfants, ce genre de choses ne me dérange pas à l'heure actuelle mais m'a fait réfléchir pour savoir si je voulais m'installer ici après mes études…

 

 

 

Globalement, je pense que ma vie est aussi agréable que lorsque j'étais étudiante à Aix-en-Provence ; différente, mais je crois qu'il n'y a pas de mieux ou de moins bien… Sauf qu'ici, je peux voir au moins une fois par jour l'Acropole dominant la ville… Et là, je me dis que c'est plus agréable ici !!!!!

ligne

200603_20047

ligne

Sifnos

ligne

ligne

ligne

ligne
21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt française, européenne ou grecque ?

 

 

 

Je dirais que je me sens plutôt européenne.

 

 

 


22) En Grèce, as-tu plus de connaissances/amis grecs ou français ?

 

 

 

Plus d'amis français, en fait, et plusieurs couples franco-grecs.

 

 

 


23) Cela te convient-il ?

 

 

 

L'environnement actuel de travail et d'études n'a pas facilité. Mais mon compagnon a fait davantage de connaissances grecques lorsqu'il a travaillé pour une société grecque. Après, c'est sûr que j'aurais préféré être mieux immergée mais il est plus difficile d'intégrer les cercles intimes et familiaux.

 

 

 


24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?

 

 

 

Panique !! Je n'ai pas fini mon travail de thèse, je ne peux absolument pas partir !

ligne

 

 

 

 

 

25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?

 

 

 

Je pense que se retrouver seule à gérer une vie dans un pays étranger m'a vraiment fait murir et grandir. Je considère beaucoup plus de choses avec du recul et je vais à l'essentiel, notamment avec ma famille. Je pense que j'ai appris à vivre pour moi et aller au plus important ! C'est peut-être une façon de vivre égoïste, d'une certaine manière, mais j'ai eu besoin de cette étape dans ma construction personnelle. Je dirais que je prends peut-être plus de recul, notamment dans les relations avec mon entourage : ne les voyant que peu souvent, ces moments sont intenses et beaucoup plus forts… On met chacun de côté nos petits soucis de la vie quotidienne pour profiter d'être ensemble.

 

 

 

Quant à mon point de vue sur le monde, sur la vie en général, il a sûrement évolué mais comme n'importe quelle personne à des étapes importantes de sa vie, je dirais.

ligne

200604_20107

ligne

Grèce centrale

ligne

ligne

ligne

ligne

26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation en Grèce mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?

 

 

 

Que la vie ne vaut que d'être vécue. Combien de fois j'ai entendu : "Je serais bien parti, mais c'est impossible, tu comprends…" ? Moi je dis qu'à partir d'un moment, soit on veut s'en donner la peine, soit on se le dit pour se trouver des excuses à une certaine routine. Et ce n'est pas une critique - au contraire : tout le monde a le droit de ne pas avoir envie de quitter une vie tranquille et bien installée ; je peux le comprendre. Moi-même, ici, une certaine routine s'est un peu installée aussi ! C'est un choix, je crois - dans les deux cas – qu'il faut assumer pleinement et sans regrets. Moi je dis : "Foncez !!!"

 

 

 

Dans tous les cas, on en revient transformé et grandi (et ce à n'importe quel moment de la vie) ! Tout ne sera pas simple, mais rien n'est simple nulle part - alors pourquoi pas tenter la nouveauté ?!

 

 

 


27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?

 

 

 

Nous attendons l'ouverture des quotas de PVT [un forum utile par ici] pour le Canada et ferons sûrement une demande de résidence permanente. Si tout va bien, en septembre 2009, nous serons à Montréal ! D'où un blog intitulé "D'Athènes à Montréal" !!!!!!!!!

ligne

200706_20103

ligne

Zakynthos