...les très sympathiques Audrey et Willy, qui sont expatriés a Baltimore.

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Devant la Chesapeake Bay

Photo Audrey/Willy

 

Un grand merci a vous deux !

 

 

 

1) Depuis quand es-tu expatrié aux Etats-Unis ?

 

 

 

Nous sommes arrivés il y a six mois, à trois semaines d'intervalle afin de gérer chacun de son côté l'installation à Baltimore et le déménagement à Lille…

 

 

 

 

 

2) Pourquoi t'es-tu expatrié ?

 

 

 

Audrey : Après une thèse en sciences de la vie, un stage post-doctoral est indispensable pour tenter les concours Inserm/CNRS afin de poursuivre une carrière dans la recherche publique en France. Johns Hopkins University, à Baltimore, abrite d'excellents labos et j'ai donc sauté sur l'occasion quand l'opportunité s'est présentée.

 

 

 

Willy : Pour moi, la raison a été de suivre Audrey… Masseur-kinésithérapeute en France, je voulais saisir l'opportunité de découvrir un autre système, une autre culture… Je suis donc "J2" et fier de l'être ;-)

 

 

 

 

 

3) Quelle a été l'attitude de tes proches quand tu leur as annoncé ton expatriation ?

 

 

 

Les amis se sont montrés plutôt enthousiastes à l'idée de nous voir nous expatrier. Le plus dur a été pour les mamans et les grands-mères, particulièrement tristes et inquiètes…

 

 

 

 

 

 

 

4) Quels étaient tes doutes et tes peurs avant de quitter la France ?

 

 

 

Audrey : La peur de l'inconnu, de ne pas m'en sortir avec les démarches administratives, de ne pas réussir à m'intégrer dans le labo… Mais aussi que Willy ne s'intègre pas et ne trouve pas de boulot…

 

 

 

Willy : Ma principale peur était au niveau de la langue… Je n'ai jamais pratiqué l'anglais en France… Même si j'ai tenté de me rassurer en suivant une soixantaine d'heures d'anglais à la Fac de Lille…

 

 

 

 

 

5) Ces doutes et ces peurs se sont-ils avérés exacts ?

 

 

 

Audrey : Non. J'avais complètement tort ! Tout s'est très bien passé et mes collègues ont été très sympathique et m'ont très bien intégrée dans le groupe !

 

 

 

Willy : Arrivé à la douane à "JFK", je n'ai absolument rien pigé ! Mais bon, une fois baigné dans le quotidien, on se fait très vite une oreille et les Américains ne prêtent en général aucune attention à mes nombreuses fautes…  

 

johns_hopkins

 

L'Hôpital Johns Hopkins

 

Photo Audrey/Willy

 

   

 

 

 

 

6) D'un point de vue pratique et au niveau des formalités, ton installation aux Etats-Unis a-t-elle été facile ?

 

 

 

Tout s'est très bien passé même si les formalités sont généralement longues… Il suffit de trouver les bonnes personnes pour vous guider et ne surtout pas hésiter à poser des questions ; les Américains sont très ouverts et très accessibles ; ils aident volontiers à comprendre leur système.

 

 

 

 

 

7) Et d'un point de vue affectif et émotionnel ?

 

 

 

Audrey : Partir la veille de son anniversaire n'est pas une chose évidente, surtout que Willy me rejoignait trois semaines plus tard ! Mais finalement, on découvre tellement de nouvelles choses, un nouvel environnement, un nouveau mode de vie que l'on oublie vite les peurs et les doutes du départ.

 

 

 

Willy : Le plus difficile pour moi a été de laisser ma grand-mère seule en France. Elle venait de perdre son deuxième fils et l'ambiance était plus à la déprime…

 

 

 

 

 

8) Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment concernant ton installation/expatriation aux Etats-Unis ?

 

 

 

Non ! On a trouvé un appartement génial dans le quartier culturel de Baltimore, tout se passe au mieux au labo…

 

 

 

 

 

9) Y a-t-il une personne qui t'a particulièrement aidé dans ton installation/expatriation (que ce soit a travers un bon conseil, une aide financière, une simple présence amicale...) ? 

 

 

 

Audrey : Dans l'ensemble, le groupe des "Frenchopkinois" (les Français travaillant comme moi a Hopkins) a été formidable !

 

Flo et Nico - des "Ch'timis" comme nous - m'ont hébergée le temps de trouver un appartement. Nico m'a accompagnée dans toutes les démarches les premiers jours ! Marianne m'a donné un maximum de choses (poêles, casseroles, balance indispensable pour surveiller la prise de poids…) afin que je puisse être autonome rapidement dans mon appartement. Seb m'a aidée à emménager et m'a conseillée sur l'immeuble que nous partageons. Marie a été la guide des "bons coins" et des "bons plans" pour que je trouve rapidement mes marques dans la ville.

 

Tous ont été géniaux et ils n'ont pas hésité à fêter mon anniversaire dès mon arrivée alors qu'on se connaissait à peine !

 

 

 

Willy : La solidarité entre "J2" est aussi importante ! Nico et Caro m'ont bien informé du statut particulier de la dépendance de visa…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10) As-tu un travail aux Etats-Unis ?

 

 

 

Si oui : lequel et, surtout, a-t-il un rapport avec ce que tu faisais (ou étudiais) en France ?

 

 

 

Si non : es-tu actuellement en recherche d'un travail et, surtout, as-tu l'impression que c'est plus facile ou plus difficile que dans ton pays (barrière de la langue, démarches et mode de fonctionnement différents...) ?

 

 

 

Audrey : Oui. Je travaille sur le "campus" de l'Hôpital Johns Hopkins. Mon projet (marqueurs de diagnostic précoce du cancer du pancréas) est en lien direct avec mon sujet de thèse.

 

 

 

Willy : Je suis en cours de demande d'équivalence… La profession de kiné ("physical therapist") est très réglementée, ici, et il me faut une licence du Maryland afin de pouvoir exercer.

 

 

 

Mais pour demander cette licence, il me fallait un numéro de Sécurité Sociale avec la mention "Allowed to work" ["Autorisé à travailler"]. J'ai donc dû attendre mon autorisation de travail (que le visa "J2" permet d'obtenir) pour demander mon numéro de Sécurité Sociale… Donc trois mois avant de demander la licence via la vérification d'une "credentialing agency" (qui va estimer mon équivalence de diplôme)…

 

Donc je pense en avoir encore pour quelques mois ! Mais le total frise déjà les 1000 $ ! Ainsi, je recherche un petit boulot en attendant… [boulot trouvé]

 

 

 

J'attends avec impatience un coup de fil d'Hopkins qui serait susceptible de m'embaucher en temps que "rehab technician" ("technicien de rééducation") en attendant mon équivalence de kiné ! Pour ce qui est de la langue, je me suis documenté afin de palier mes lacunes en anglais médical… Mais seule la pratique m'aidera véritablement, je pense ! Ainsi, l'équivalence de diplôme est plus accessible pour exercer en France qu'aux Etats-Unis !

 

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Fort McHenry

 

Photo Audrey/Willy

 

 

   

 

 

 

11) La France te manque-t-elle ?

 

 

 

La France, pas vraiment… Les amis, nos familles… Oui, beaucoup !...

 

 

 

Sur le plan matériel, certaines gourmandises typiquement françaises nous manquent… Même si on peut les trouver - à des prix exorbitants !

 

 

 

 

 

12) Quand penses-tu revenir en France définitivement ?

 

 

 

Audrey : Tout dépendra de l'avancée de mon post-doctorat… Si tout se passe bien, je passerai les concours Inserm/CNRS une première fois d'ici deux ans mais je risque de ne pas les décrocher du premier coup et donc je passerai surement une troisième année à Baltimore.

 

 

 

Willy : Tout dépendra d'Audrey… Je ne pense pas rentrer avant elle car mon passé de serveur saisonnier m'aidera à trouver, je pense, un emploi.

 

 

 

 

 

13) As-tu hâte de revenir en France définitivement ?

 

 

 

Oui et non…

 

 

 

D'un côté, on rate pas mal d'évènements importants de la vie de ceux qui nous sont chers (la grossesse de ma meilleure amie, les enfants qui grandissent, les réussites des petits frères…). Mais, de l'autre, on vit quelque chose d'unique et on a réellement envie d'en profiter à 100 %, de garder les yeux grands ouverts et de découvrir des tas de nouvelles choses, des plus incroyables aux plus bizarres…

 

 

 

 

 

14) Comment gardes-tu le contact avec ta famille et tes amis ?

 

 

 

Essentiellement par e-mail. La maman d'Audrey est devenue une "pro" de MSN depuis notre départ et ne peut plus se passer de la webcam ! Nous envisageons l'installation d'un téléphone fixe dès que Willy aura trouvé un travail. Mais, globalement, on a le sentiment de communiquer plus depuis l'expatriation : on se parle plus étant loin que lorsque l'on côtoyait tout ce petit monde au quotidien.

 

   

 

 

 

 

 

 

 

15) Reviens-tu souvent en France pour les vacances ?

 

 

 

Pas encore… Nous ne sommes là que depuis six mois… Willy a déjà fait un aller-retour afin de valider par écrit un DIU. Nous n'avons pas encore prévu le prochain retour en France ! Audrey devait rentrer en aout pour la naissance de son filleul mais elle n'a finalement pas pu le faire…

 

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Le port de Baltimore

 

Photo Audrey/Willy

 

 

   

 

 

 

16) Si tu es ici depuis pas mal de temps, as-tu l'impression, parfois, de te "détacher" ou de "t'éloigner" un peu de la France (de sa culture, de ses traditions, de son mode de fonctionnement...) ?

 

 

 

Nous espérons que non, même si la vie ici est très sympa. Nous restons attachés à nos bonnes vieilles habitudes françaises ! La création d'un club francophone au sein de notre immeuble nous aide à perpétuer et diffuser la langue française et les traditions francophones.

 

 

 

 

 

17) Comment vois-tu/juges-tu la France et les Français maintenant que tu vis aux Etats-Unis ?

 

 

 

Audrey : Je trouve que les Français ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont… En espérant qu'ils ne sont pas en train de tout gâcher ! 35h, cinq semaines de congés payés, assurance maladie, assurance chômage, le droit de grève… Pour beaucoup d'Américains, ce serait le paradis…

 

 

 

Willy : J'ai à peu près le même sentiment. Pour avoir évolué dans le secteur libéral en France, les gens ne réalisent pas la chance qu'ils ont de pouvoir profiter de, par exemple, 30 séances de rééducation pour leur mal de dos… Ici, à moins d'avoir une excellente assurance et beaucoup de temps libre, cela semble inconcevable !

 

 

 

 

 

18) D'après toi, comment ta famille et tes amis s'imaginent-ils ta vie d'expatrié (rêve américain, solitude, super opportunité, folie, angoisse...) ?

 

 

 

Grâce au blog, créé avant notre départ, nous pensons qu'ils ont un avis très objectif de notre quotidien. Ils voient tous ça comme une magnifique opportunité ! Même s'ils s'inquiètent des conséquences de notre gourmandise sur la balance !…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19) Ta vision des Etats-Unis a-t-elle changé - en bien ou en mal - depuis ton expatriation ?

 

 

 

Notre vision des Etats-Unis a énormément changé, et en bien !

 

 

 

En temps que Français, on imagine atterrir dans le pays de la malbouffe et du soutien à la guerre, du patriotisme excessif… On en avait une opinion plutôt négative mais, aujourd'hui, on comprend mieux les réactions des Américains et leur façon de voir les choses, de les vivre. Ils sont très ouverts, accessibles, toujours prêts à aider et se plaignent en général beaucoup moins que les Français… Ils sont beaucoup plus faciles à vivre au quotidien !

 

 

 

 

 

20) Trouves-tu ta vie actuelle aux Etats-Unis plus agréable ou moins agréable que ton ancienne vie en France ?

 

 

 

Il est difficile de dire si la vie est plus ou moins agréable. Elle est différente. Mine de rien, on vieillit et les objectifs de vie changent en même temps que les aventures du quotidien. Si Willy réussit à devenir "physical therapist" [kiné], la vie ici sera encore plus agréable !

 

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Les Jones Falls

 

Photo Audrey/Willy

 

 

   

 

 

 

21) Depuis ton expatriation, te sens-tu plutôt français, européen ou américain ?

 

 

 

Audrey : Française avant tout… Mais le fait d'évoluer dans un labo où se côtoient beaucoup de nationalités différentes me donne le sentiment d'être plus européenne qu'avant car je partage finalement beaucoup de mes valeurs avec les Européens (Espagnols, Allemands, Hollandais…).

 

 

 

Willy : "Ch'timi" et français avant tout… Lorsque je suis rentré en France, j'ai rigolé intérieurement des racailles dans le métro à Paris Nord qui veulent se donner un style américain… Ici, les "racailles", tu n'en rigoles pas… Particulièrement à Baltimore !

 

 

 

 

 

22) Aux Etats-Unis, as-tu plus de connaissances/amis américains ou français ?

 

 

 

Plus de connaissances américaines… mais plus d'amis français ! C'est toujours amusant de tomber sur un Français aux Etats-Unis alors que tu ne t'y attends pas !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23) Cela te convient-il ?

 

 

 

Oui. Les connaissances américaines permettent un échange très simple… Ils sont accessibles et l'on peut réellement discuter de tout.

 

 

 

 

 

24) Si je te dis que tu dois définitivement repartir en France dans deux mois, quelle est ta première réaction (joie, tristesse, panique, soulagement...) ?

 

 

 

Une grande frustration et de la tristesse ! Ce serait beaucoup trop tôt…

 

 

 

 

 

25) L'expérience de l'expatriation a-t-elle changé ta façon de voir le monde - et la vie en général ?

 

 

 

Audrey : Oui. C'est d'ailleurs la première fois de ma vie que je vis une aventure aussi excitante. J'ai en plus la chance de travailler avec des personnes de nationalités différentes : on apprend à connaitre les points de vue et avis de chacun ; c'est très enrichissant… On apprend la tolérance et le respect ; on apprend à écouter avant de juger !

 

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Boutique de pretzels dans le quartier de Fells Point

 

Photo Audrey/Willy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26) Que dirais-tu a ceux a qui l'on vient de proposer l'expatriation aux Etats-Unis mais qui ont peur et se posent mille et une questions ?

 

 

 

Audrey : Fonce et, si tu as besoin d'aide, n'hésite pas à nous demander !

 

 

 

Willy : Tais-toi et fonce !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27) T'imagines-tu un jour t'expatrier dans un autre pays ? Lequel ?

 

 

 

Audrey : Si j'atteins mes objectifs de carrière, non… Mais pour avoir déjà fait deux stages aux Pays-Bas, je me verrais bien m'expatrier là-bas si j'avais à le faire.

 

 

 

Willy : Cela n'est pas un pays, mais un DOM : La Réunion… On a fait notre voyage de noces là-bas et je m'imagine bien y passer plus de temps ! Sinon, j'ai toujours rêvé d'Ecosse…

 

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Lemon stick au Marché aux Fleurs de Baltimore

 

Photo Audrey/Willy